Super brut TNS : ce que la nouvelle assiette sociale change vraiment sur tes cotisations (2026)

L'URSSAF a changé la formule de calcul de tes cotisations. Assiette unique, abattement de 26 %, plafond à 62 478 € : on décortique le nouveau calcul avec les barèmes officiels et ce que ça donne en euros selon ton niveau de revenu.

Super brut TNS : ce que la nouvelle assiette sociale change vraiment sur tes cotisations (2026)

26 %. C’est l’abattement forfaitaire que l’URSSAF retire désormais de ton super brut TNS, ce fameux revenu brut social, avant de calculer la moindre cotisation. Il s’applique depuis la régularisation de tes revenus 2025, celle qui a démarré en avril 2026 avec la campagne de déclaration.

Je suis en EURL depuis mes débuts en freelance, en 2012, et quand mon nouvel échéancier est arrivé cet été, j’ai mis un bon quart d’heure à comprendre les lignes. Les libellés avaient changé. Les montants ne tombaient plus du tout où je les attendais. Ce n’était pas une erreur de l’URSSAF : c’est l’article 18 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 qui a réécrit toute la mécanique de calcul.

Tu vas voir que le nouveau système est plus lisible que l’ancien, ce qui n’était pas difficile. Mais il déplace aussi de l’argent d’une poche à l’autre, et selon ton niveau de revenu tu n’es pas logé à la même enseigne. On va reprendre le calcul étape par étape, avec les barèmes officiels 2026, et regarder où part vraiment chaque euro.

Qui est concerné par la réforme de l’assiette sociale ?

La règle de tri est simple. Tu es concerné si tu es travailleur non salarié au régime réel : artisan, commerçant, profession libérale en BNC, entrepreneur individuel au réel, gérant majoritaire d’EURL ou de SARL à l’IS.

Tu n’es pas concerné dans deux cas. Si tu es micro-entrepreneur, tu continues de déclarer ton chiffre d’affaires à l’URSSAF et de payer un pourcentage dessus, sans assiette à reconstituer. Ta situation a bougé, mais pour une autre raison, détaillée dans notre article sur la hausse des cotisations micro-entrepreneur. Et si tu es président de SASU, tu es assimilé salarié : tu as des bulletins de paie, donc tu étais déjà dans une logique de brut et de net.

Si tu es en micro ou en SASU, cette réforme ne touche pas ton calcul de cotisations. Elle peut en revanche changer ton arbitrage entre les statuts, et on y revient plus bas.

Pourquoi l’ancien système était mathématiquement absurde

Avant d’expliquer le nouveau calcul, il faut comprendre ce qu’on répare. Parce que l’ancien système avait deux défauts, et pas des petits.

Deux assiettes différentes pour les mêmes revenus

Tes prélèvements sociaux ne reposaient pas sur une base unique, mais sur deux bases distinctes.

D’un côté, une assiette nette pour les cotisations qui t’ouvrent des droits : retraite de base, retraite complémentaire, indemnités journalières, invalidité-décès. De l’autre, une assiette plus large pour la CSG et la CRDS, dans laquelle on réintégrait tes cotisations sociales obligatoires.

Résultat : la contribution qui ne te rapporte strictement aucun droit était calculée sur la base la plus grosse, et les cotisations qui construisent ta retraite sur la base la plus petite. Difficile de faire plus contre-intuitif.

Le fameux calcul en dedans

Le deuxième défaut relevait de la boucle infinie. Pour connaître ton revenu net, il fallait déduire tes cotisations. Mais pour calculer tes cotisations, il fallait connaître ton revenu net.

J’ai gardé pendant des années un onglet de tableur avec une formule circulaire pour estimer mes charges avant de fixer ma rémunération. À chaque fois que je voulais ajuster mon salaire de gérant, je devais itérer trois ou quatre fois pour que le résultat se stabilise. Des éditeurs de logiciels ont construit des fonctionnalités entières pour automatiser cette gymnastique.

Un système de calcul qui a besoin d’un solveur pour donner un résultat n’est pas un système de calcul. C’est un aveu.

Le super brut, c’est quoi exactement ?

La réforme part d’un principe d’harmonisation avec le régime des salariés. Un salarié a un salaire brut, sur lequel on applique des taux. Un gérant majoritaire n’a pas de bulletin de paie, donc l’URSSAF reconstitue l’équivalent : le revenu brut social, que tout le monde appelle désormais le super brut.

L’idée est de prendre la totalité de ce que ton activité consacre à ta rémunération, sans rien déduire.

Ce qu’on empile dedans

Le super brut agrège, selon ta situation :

  • Ta rémunération nette, ou ton bénéfice pour un entrepreneur individuel
  • Tes cotisations sociales obligatoires
  • La CSG déductible et la CSG non déductible
  • Tes cotisations facultatives : contrats Madelin, PER, prévoyance et mutuelle souscrits à titre professionnel
  • Tes revenus de remplacement : indemnités journalières maladie, maternité, paternité, y compris celles versées au titre d’un contrat de prévoyance facultatif
  • Pour un gérant majoritaire d’EURL ou de SARL à l’IS, la part de dividendes assujettie aux cotisations

Sur ce dernier point, la règle n’a pas changé : les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant d’associé sont soumis aux cotisations TNS. Ils entrent donc mécaniquement dans le super brut. Avec un capital social à 1 000 €, ce qui est le cas de beaucoup d’EURL, tu franchis ce seuil dès 100 € de dividendes.

Le super brut n’est pas ton chiffre d’affaires. C’est l’enveloppe totale que ton activité consacre à te payer, cotisations comprises.

L’abattement de 26 % et le point de bascule à 240 300 €

Une fois le super brut reconstitué, l’URSSAF applique un abattement forfaitaire de 26 %. Ton assiette sociale, celle sur laquelle tout se calcule ensuite, vaut donc 74 % de ton super brut.

Tu ne l’appliques pas toi-même. C’est un point qui piège encore beaucoup de monde au moment de la déclaration : tu transmets ton revenu brut social, l’URSSAF fait le reste, comme le rappelle la fiche officielle sur la réforme de l’assiette sociale. On détaille les cases exactes dans notre guide de la déclaration de revenus freelance.

En mai dernier, au moment de la déclaration, j’ai cherché la case DSCA pendant cinq bonnes minutes avant de comprendre qu’elle n’existait plus. C’est le réflexe le plus difficile à perdre : treize déclarations d’affilée, j’ai reporté mes cotisations payées à la main.

Les deux garde-fous

Cet abattement est encadré par un plancher et un plafond, tous les deux indexés sur le plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € pour 2026.

Garde-fouRéférenceMontant 2026
Abattement minimum1,76 % du PASS845,86 €
Abattement maximum130 % du PASS62 478 €

Le plancher protège les très petits revenus. Le plafond, lui, mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est là que se joue tout l’effet de la réforme sur les hauts revenus.

Le seuil que personne ne calcule

Fais l’opération : à partir de quel super brut l’abattement de 26 % dépasse-t-il le plafond de 62 478 € ?

62 478 divisé par 0,26 donne 240 300 €. Soit exactement cinq fois le PASS.

Voilà le point de bascule. En dessous de 240 300 € de super brut, tu bénéficies d’un abattement plein de 26 %. Au-dessus, ton abattement reste bloqué à 62 478 € pendant que ton assiette continue de grimper. Le taux d’abattement effectif se met alors à fondre : il tombe à 20,8 % pour un super brut de 300 000 €, et continue de décroître ensuite.

Retiens ce chiffre : 240 300 € de super brut en 2026, soit 5 PASS. C’est la frontière entre un abattement plein et un abattement grignoté.

Attention à ne pas confondre ce seuil avec ta rémunération nette. Les commentaires sur la réforme évoquent souvent une zone de vigilance qui démarre vers 120 000 € de revenus, ce qui reste un ordre de grandeur utile. Mais le déclencheur réglementaire, lui, se calcule sur le super brut, cotisations comprises, et il est exactement à 5 PASS.

Où part réellement ton argent

Passons aux chiffres. J’ai appliqué le barème officiel 2026 pour un artisan, commerçant ou professionnel libéral non réglementé, ligne par ligne, sur trois niveaux de super brut.

La ventilation détaillée pour 70 000 € de super brut

Prenons une enveloppe de 70 000 €. Abattement de 26 %, soit 18 200 €. Assiette sociale : 51 800 €.

CotisationMontantOuvre des droits ?
Retraite de base8 615 €Oui
Retraite complémentaire4 233 €Oui
CSG-CRDS5 025 €Non
Maladie-maternité3 310 €Oui
Invalidité-décès625 €Oui
Indemnités journalières259 €Oui
Allocations familiales0 €Non
Formation professionnelle120 €Oui
Total22 187 €

Il te reste 47 813 € avant impôt sur le revenu. Le taux de prélèvement représente 31,7 % de ton super brut, ce qui correspond à environ 46 % de ton revenu net. On retrouve bien l’ordre de grandeur des 45 % que connaissent tous les gérants majoritaires. Pour situer ton propre cas, notre simulateur de revenus fait le calcul par statut.

Ce qui compte dans ce tableau, c’est la répartition. La retraite pèse 58 % de tes cotisations. La CSG-CRDS, la seule ligne qui ne te rapporte rien, en pèse 23 %.

Le même calcul sur trois profils

Super brutAbattementAssietteCotisationsTaux effectifPart retraite
35 000 €9 100 €25 900 €10 663 €30,5 %63 %
70 000 €18 200 €51 800 €22 187 €31,7 %58 %
150 000 €39 000 €111 000 €42 992 €28,7 %43 %
300 000 €62 478 € (plafonné)237 522 €77 624 €25,9 %35 %

Deux lectures ressortent de ce tableau.

La première : le taux effectif est dégressif au-delà de 70 000 €, parce que les cotisations retraite et invalidité sont plafonnées à un ou quatre PASS, alors que la CSG, elle, ne l’est jamais.

La seconde est plus dérangeante. Plus ton revenu monte, plus la part de tes cotisations qui construit un droit s’effondre : 63 % à 35 000 €, 35 % à 300 000 €. À haut revenu, tu paies proportionnellement beaucoup plus de solidarité et beaucoup moins de retraite.

Une précision honnête sur ces chiffres : ils sont calculés à partir des barèmes officiels 2026 pour un artisan, commerçant ou libéral non réglementé. Les professions libérales réglementées relèvent de caisses spécifiques avec des barèmes différents. Vérifie ton cas exact avant de bâtir un plan dessus.

Moins de CSG, plus de retraite : l’arbitrage caché de la réforme

Maintenant, la question que tout le monde se pose. Est-ce que tu paies plus ou moins qu’avant ?

La réponse tient en deux mouvements de sens opposé.

L’assiette baisse

C’est l’effet le plus visible, et il porte principalement sur la CSG-CRDS. Avant la réforme, elle était calculée sur une assiette qui réintégrait tes cotisations, sans abattement. Depuis, elle est calculée comme tout le reste, sur le super brut abattu de 26 %.

Mécaniquement, à revenu identique, ta CSG-CRDS baisse d’environ un quart.

Super brutCSG-CRDS avant réforme (ordre de grandeur)CSG-CRDS aprèsÉcart
35 000 €~3 400 €2 512 €-880 €
70 000 €~6 800 €5 025 €-1 765 €
150 000 €~14 550 €10 767 €-3 785 €

Les taux montent

Sauf que le législateur n’a pas rendu cet argent. Le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 a révisé les barèmes en même temps, à la hausse, sur les cotisations retraite.

CotisationAvantDepuis la réforme
Retraite de base, jusqu’à 1 PASS17,75 %17,87 %
Retraite complémentaire, tranche 17 % jusqu’au plafond RCI, soit 43 891 € en 20258,10 % jusqu’à 1 PASS, soit 48 060 € en 2026
Retraite complémentaire, tranche 28 % jusqu’à 4 PASS9,10 % jusqu’à 4 PASS

Sur la retraite complémentaire, tu prends 1,1 point de plus sur les deux tranches. Et le plafond spécifique du régime complémentaire disparaît au profit du PASS, ce qui élargit la tranche basse de 43 891 € à 48 060 €. L’effet cumulé n’est pas anecdotique.

L’opération est présentée comme neutre sur le total prélevé. Ce qui change, c’est la destination : tu paies moins de contribution à fonds perdu et plus de cotisation qui t’ouvre des droits.

Pour les revenus modestes, l’effet trésorerie immédiat est plutôt favorable, parce que la baisse de CSG l’emporte sur la hausse des taux. Pour les revenus intermédiaires, c’est proche de l’opération blanche : ce que tu économises d’un côté part dans la retraite de l’autre. Et au-delà de 240 300 € de super brut, le plafonnement de l’abattement rogne l’avantage pendant que les taux revalorisés, eux, s’appliquent pleinement.

Une nuance de taille sur la contrepartie retraite : le régime de base fonctionne par répartition. Ce que tu verses en plus finance les pensions versées aujourd’hui, en échange de droits que tu liquideras dans vingt ou trente ans. C’est un pari sur la solidité du système, pas un compte épargne. On détaille cette mécanique dans notre guide sur la retraite du freelance, et tu peux estimer ta pension future avec notre simulateur de retraite.

Le point noir : tes indemnités journalières ne bougent quasiment pas

Regarde à nouveau le tableau de ventilation pour 70 000 € de super brut. La ligne indemnités journalières pèse 259 €, soit 0,50 % de ton assiette, plafonnée à cinq PASS.

C’est l’arbitrage le plus discutable de la réforme. L’État avait un supplément de cotisations contributives à répartir, et il a choisi presque intégralement la retraite. La prévoyance immédiate, celle qui te protège si tu te casses une jambe le mois prochain, n’a quasiment pas bougé.

Un arrêt de travail reste donc le trou noir du statut d’indépendant : délai de carence, indemnité calculée sur un revenu moyen plafonné, et rien qui couvre tes charges fixes. On a détaillé ce que tu touches réellement dans notre article sur l’arrêt maladie en freelance.

Si tu devais tirer une seule conséquence pratique de cette réforme : tes droits retraite s’améliorent doucement, ta protection en cas de coup dur reste à ta charge. La prévoyance privée n’est pas devenue optionnelle.

Rémunération ou dividendes : pourquoi l’arbitrage EURL / SASU se resserre

C’est la conséquence la moins commentée de la réforme, et sans doute la plus importante si tu es en société.

La stratégie qui dominait jusqu’ici

Le raisonnement était rodé. Puisque la CSG frappait lourdement une assiette gonflée sans rien te rapporter, autant réduire la rémunération au minimum et sortir le reste en dividendes, taxés à la flat tax. Cette logique poussait naturellement vers la SASU, où le président peut se verser zéro salaire et tout prendre en dividendes sans déclencher de cotisations.

Sauf que la flat tax est passée à 31,4 % depuis 2026, sous l’effet de la hausse des prélèvements sociaux votée en loi de financement de la Sécurité sociale. Et que le rendement de la cotisation TNS, lui, vient de s’améliorer.

J’ai moi-même longtemps calé ma rémunération de gérant au strict nécessaire pour valider mes trimestres, en me disant que chaque euro de salaire supplémentaire partait surtout en CSG. Ce raisonnement tenait debout avec l’ancienne assiette. Il tient beaucoup moins depuis que la part contributive a pris le dessus.

Ce que le nouveau calcul change

Reprends l’enveloppe de 70 000 €. En tant que gérant majoritaire, tu paies 22 187 € de cotisations et il te reste 47 813 € avant impôt sur le revenu. Sur ces 22 187 €, près de 13 000 € financent ta retraite de base et complémentaire.

À enveloppe identique, un président de SASU se verse un salaire dont le coût global tourne autour de 65 % du net. Il en ressort de l’ordre de 42 000 €, pour une couverture certes meilleure sur les indemnités journalières et la retraite complémentaire Agirc-Arrco.

L’écart de rendement immédiat entre les deux statuts reste réel, mais il s’est resserré du côté qualitatif : la cotisation TNS achète désormais davantage de droits pour le même euro prélevé, puisque la part à fonds perdu diminue.

Se verser une rémunération de gérant redevient une stratégie défendable, et pas seulement un mal nécessaire pour valider des trimestres.

Attention à ne pas basculer dans l’excès inverse. Le calcul complet dépend de ton taux marginal d’imposition, de ton besoin de revenus immédiats, du capital social de ta société et de ton horizon retraite. Notre comparatif SASU ou EURL et notre analyse de l’arbitrage salaire ou dividendes posent les autres paramètres. Sur une décision à ce niveau d’enjeu, faire tourner la simulation avec un expert-comptable comme DougsAvantage partenaire1 mois offertchez Dougs coûte moins cher qu’une erreur d’arbitrage étalée sur trois exercices.

Ta checklist trésorerie pour la rentrée

Le piège de cette réforme n’est pas conceptuel, il est financier. Tes cotisations provisionnelles ont été calculées sur tes revenus antérieurs, puis recalculées d’un coup sur tes revenus 2025 avec la nouvelle formule et les nouveaux barèmes. Si tu as fait une bonne année 2025, la régularisation peut piquer sérieusement.

J’en ai fait les frais autrement dans le passé, avec une régularisation qui est tombée le même mois qu’un acompte d’impôt sur les sociétés. Ce n’était pas une question de rentabilité, juste de calendrier. Depuis, je provisionne systématiquement, et notre méthode complète est dans notre guide sur la trésorerie du freelance.

Voici les cinq actions concrètes à mener maintenant.

1. Ouvre ton échéancier et lis-le vraiment. Sur ton espace urssaf.fr, tu dois retrouver le revenu brut social retenu, l’abattement appliqué, l’assiette qui en résulte et le détail par cotisation. Vérifie que le revenu brut social correspond bien à ce que tu as déclaré. Une erreur en amont se propage sur toute l’année.

2. Refais le calcul du plafond si tu es au-dessus de 240 300 €. C’est le seul seuil qui provoque un décrochage net. Si ton super brut le dépasse, ton abattement est bloqué et ton taux effectif d’abattement chute.

3. Provisionne la régularisation, pas seulement les acomptes. Le montant de la régule ne se lit pas sur ton compte de résultat. Mets-le de côté sur un compte séparé dès que tu le connais, même si l’échéance est étalée sur plusieurs mois.

4. Module tes acomptes si ton année 2026 ne ressemble pas à 2025. Depuis ton espace urssaf.fr, tu peux demander un recalcul de tes cotisations provisionnelles sur la base d’une estimation de ton revenu en cours. C’est le levier le plus direct pour éviter d’avancer de la trésorerie sur une année qui sera moins bonne, ou pour lisser une régularisation qui s’annonce salée sur une année qui décolle.

5. Réexamine tes contrats facultatifs. Puisque la part retraite obligatoire augmente, l’équilibre entre répartition et capitalisation a bougé. Ça ne veut pas dire arrêter ton PER ou ton Madelin, mais recalibrer les montants en connaissance de cause. Et si tu dois arbitrer, regarde plutôt du côté de la prévoyance, qui reste la zone la plus découverte.

Le super brut TNS apporte une lisibilité que l’ancien système n’avait pas, et la fin du calcul en dedans est une bonne nouvelle pour tout le monde. Reste que le total prélevé n’a pas fondu. L’argent a simplement changé de destination, et la transition demande de la rigueur sur ta trésorerie. Regarde ton échéancier cette semaine plutôt qu’en décembre. C’est encore le meilleur moyen de ne pas subir.

FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le super brut TNS ? +

Le super brut, ou revenu brut social, est l'enveloppe totale que ton activité consacre à te rémunérer, avant toute déduction. Il agrège ta rémunération nette ou ton bénéfice, tes cotisations sociales obligatoires, la CSG déductible et non déductible, tes cotisations facultatives de type Madelin ou PER, tes revenus de remplacement, et pour un gérant majoritaire la part de dividendes assujettie aux cotisations. L'URSSAF applique ensuite un abattement forfaitaire de 26 % pour obtenir ton assiette sociale unique.

Qui est concerné par la réforme de l'assiette sociale des indépendants ? +

Tous les travailleurs non salariés au régime réel : artisans, commerçants, professions libérales en BNC, entrepreneurs individuels au réel, gérants majoritaires d'EURL ou de SARL à l'IS. Les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés puisqu'ils déclarent leur chiffre d'affaires directement à l'URSSAF. Les présidents de SASU non plus, puisqu'ils sont assimilés salariés et disposent de bulletins de paie.

Quand la réforme s'applique-t-elle pour la première fois ? +

Elle s'applique à compter de la régularisation des cotisations dues au titre de l'année 2025, déclenchée par la déclaration des revenus 2025 faite au printemps 2026. Le nouveau calcul apparaît donc sur les échéanciers URSSAF à partir d'avril 2026, en même temps que la révision des barèmes prévue par le décret du 5 juillet 2024.

Dois-je appliquer moi-même l'abattement de 26 % dans ma déclaration ? +

Non, et c'est une erreur fréquente. Tu déclares ton revenu brut social, avant déduction des cotisations. C'est l'URSSAF qui applique l'abattement de 26 % pour déterminer ton assiette. L'ancienne case DSCA, dans laquelle tu reportais toi-même tes cotisations payées, a été supprimée.

À partir de quel revenu l'abattement de 26 % est-il plafonné ? +

L'abattement ne peut pas dépasser 130 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 62 478 € en 2026. Ce plafond est atteint dès que ton super brut dépasse 240 300 €, soit cinq fois le PASS. Au-delà, ton abattement reste bloqué à 62 478 € pendant que ton assiette continue d'augmenter, et ton taux d'abattement effectif diminue progressivement.

Est-ce que je vais payer plus ou moins de cotisations ? +

Le total prélevé est conçu pour rester globalement stable, mais sa composition change. Ta CSG-CRDS baisse d'environ un quart puisqu'elle est désormais calculée sur une assiette abattue, tandis que les taux de retraite de base et complémentaire ont été revalorisés. Les revenus modestes gagnent plutôt en trésorerie immédiate, les revenus intermédiaires sont proches de l'opération blanche avec de meilleurs droits retraite, et les hauts revenus subissent le plafonnement de l'abattement.

Mes indemnités journalières augmentent-elles avec la réforme ? +

Très peu. La cotisation indemnités journalières reste fixée à 0,50 % de l'assiette, dans la limite de cinq PASS. Le supplément de cotisations contributives a été orienté presque intégralement vers la retraite de base et complémentaire. Ta couverture en cas d'arrêt de travail reste donc à compléter par un contrat de prévoyance privé.

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