Se payer en SASU : salaire ou dividendes ? Le guide pour optimiser (2026)

Salaire, dividendes ou les deux ? Simulations chiffrées par profil TJM avec les taux 2026 pour optimiser ta rémunération de président de SASU.

Se payer en SASU : salaire ou dividendes ? Le guide pour optimiser (2026)

En SASU, la différence entre un bon et un mauvais arbitrage de rémunération peut représenter plus de 10 000 € par an dans ta poche. Ce n’est pas un chiffre théorique. C’est l’écart mesuré entre un freelance qui se verse tout en salaire et un autre qui dose entre salaire et dividendes.

Tu as créé ta SASU, tu factures, l’argent s’accumule sur le compte pro. Mais quand vient le moment de te payer, les questions arrivent. Combien en salaire ? Combien garder pour les dividendes ? Est-ce que la flat tax à 31,4 % est toujours plus avantageuse ? Et quel impact sur ta retraite, ton crédit immobilier, tes indemnités maladie ?

Quand je me suis intéressée au passage en société après mes premières années en micro-entreprise, j’ai reçu des conseils contradictoires. Un freelance de mon réseau m’a dit : “Mets tout en dividendes, tu paieras moitié moins.” Mon expert-comptable a répondu l’inverse. Dans ce guide, je partage les calculs qui m’ont aidée à y voir clair, avec des simulations actualisées pour trois niveaux de TJM et les taux 2026. Si tu hésites encore entre micro et société, commence par notre comparatif micro-entreprise ou SASU.

Rémunération en SASU : deux leviers, deux logiques

En SASU, la société est une personne morale séparée de toi. L’argent sur le compte pro appartient à la société, pas à toi en tant que personne physique. Pour te rémunérer légalement, tu disposes de deux canaux.

Le salaire du président

En tant que président de SASU, tu es “assimilé salarié”. Tu relèves du régime général de la Sécurité sociale (comme un cadre du privé), sauf que tu ne cotises pas à l’assurance chômage (source : service-public.fr).

Ton salaire passe par un bulletin de paie. La SASU paie des charges patronales (~45 % du brut) et tu supportes des charges salariales (~22 % du brut) prélevées avant versement. Le coût total pour la société représente environ 1,82 fois ton salaire net. Autrement dit : pour te verser 1 000 € net, ta SASU dépense 1 820 €.

Les dividendes

Les dividendes proviennent du bénéfice net de ta SASU, après paiement de l’impôt sur les sociétés (IS). Tu les votes en assemblée générale, en général dans les six mois suivant la clôture de l’exercice.

L’avantage majeur : les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale en SASU. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % en 2026, composé de 12,8 % d’IR forfaitaire et 18,6 % de prélèvements sociaux (taux relevé par la loi de finances 2026).

En SASU, les dividendes ne sont jamais requalifiés en revenus d’activité. En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital social supportent les cotisations TNS (~45 %). C’est une différence structurelle majeure entre les deux formes de société, détaillée dans notre comparatif SASU vs EURL.

Les autres façons de sortir de l’argent

Au-delà du salaire et des dividendes, trois mécanismes complémentaires te permettent de récupérer de l’argent de ta SASU sans alourdir la fiscalité :

Remboursement de frais professionnels. Chaque dépense engagée à titre personnel pour l’activité (déplacements, repas d’affaires, matériel, abonnements) peut être remboursée par ta SASU sur justificatif. Ces remboursements ne sont ni un salaire ni un revenu : pas de charges sociales, pas d’impôt. Ils réduisent en plus le résultat imposable de la société. Le détail des dépenses éligibles est dans notre guide des charges déductibles.

Avantages en nature. Ta SASU peut prendre en charge ton téléphone, ton abonnement internet (quote-part professionnelle) ou mettre un véhicule de société à ta disposition. Ces avantages sont soumis à cotisations sociales sur leur valeur forfaitaire, mais le coût reste inférieur à un salaire brut équivalent.

Remboursement du compte courant d’associé. Si tu as avancé de l’argent à ta SASU lors de la création ou pour couvrir un décalage de trésorerie, la société te rembourse ces avances sans aucune fiscalité supplémentaire. Tu récupères ton propre argent.

Ces leviers ne remplacent pas l’arbitrage salaire/dividendes, mais ils complètent l’optimisation. Un freelance qui rembourse 5 000 € de frais réels par an réduit d’autant sa base d’IS, et donc augmente son enveloppe nette.

Le salaire du président : combien ça coûte et ce que ça rapporte

Le ratio à retenir : 1 € net = 1,82 € de coût

Ce ratio est la base de toute ta stratégie de rémunération. Pour chaque euro net dans ta poche, ta SASU débourse 1,82 €. Les 0,82 € de différence financent tes cotisations sociales obligatoires.

Salaire net mensuelCoût mensuel pour la SASU
1 500 €2 730 €
2 500 €4 550 €
4 000 €7 280 €

La première fois que j’ai posé ce calcul noir sur blanc, ma réaction a été instinctive : “Autant tout basculer en dividendes.” Mais réduire le sujet au coût des charges, c’est oublier ce qu’elles financent.

Tes droits sociaux concrets

Chaque euro de salaire cotise pour des droits tangibles :

  • Retraite de base (régime général) et retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO), avec cumul de trimestres et de points
  • Indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident, calculées sur le salaire des 3 derniers mois
  • Congé maternité ou paternité, avec indemnités proportionnelles au salaire
  • Formation professionnelle, via l’alimentation de ton CPF

Sans salaire, tu ne cotises pour aucun de ces droits. Tu restes couvert par la PUMa pour les consultations médicales, mais sans aucune indemnisation en cas d’arrêt de travail.

Tes dividendes ne comptent pour rien dans le calcul de ta retraite ni dans tes indemnités maladie. Seul ton salaire alimente ces droits.

Pour comprendre l’impact à long terme sur ta future pension, consulte notre guide de la retraite du freelance et projette ta future pension avec le simulateur retraite.

Le seuil minimal pour valider 4 trimestres

Pour valider un trimestre de retraite en 2026, tu dois percevoir un salaire brut d’au moins 1 803 € dans l’année (150 × SMIC horaire à 12,02 €). Pour 4 trimestres : 7 212 € brut/an, soit environ 5 625 € net/an.

Mais ce montant ne suffit pas à te protéger de la taxe PUMa, une cotisation subsidiaire maladie de 6,5 % sur tes revenus du capital. Si tes revenus d’activité restent inférieurs à 20 % du PASS (soit 9 612 € brut/an en 2026), l’URSSAF l’applique automatiquement sur tes dividendes. Tu peux estimer ton exposition avec notre simulateur de taxe PUMa.

Seuil de sécurité recommandé : un salaire brut d’au moins 10 000 €/an (~800 € net/mois). Tu valides tes 4 trimestres ET tu évites la taxe PUMa.

Les dividendes en SASU : la flat tax à 31,4 % décryptée

IS + PFU : la mécanique de double imposition

Les dividendes subissent deux couches d’impôt successives. La société paie d’abord l’IS sur le bénéfice, puis tu paies le PFU à titre personnel sur le montant distribué.

Exemple avec 40 000 € de bénéfice avant IS :

  1. IS (15 %) : 40 000 × 15 % = 6 000 €
  2. Bénéfice distribuable : 34 000 €
  3. PFU (31,4 %) : 34 000 × 31,4 % = 10 676 €
  4. Dividendes nets dans ta poche : 23 324 €

Le taux effectif global atteint 41,7 % dans la tranche IS à 15 % (bénéfice jusqu’à 42 500 €). Il monte à 48,6 % pour la partie du bénéfice au-delà de 42 500 €, taxée à l’IS à 25 % (source : service-public.fr).

La double imposition IS + PFU reste souvent plus avantageuse que le salaire, surtout dans la tranche IS à 15 %. Taux effectif de 41,7 % sur les dividendes, contre 45 à 55 % en cumulant charges sociales et impôt sur le revenu pour un salaire.

PFU ou barème progressif : comment choisir

Par défaut, tes dividendes sont soumis au PFU (31,4 %). Mais tu peux opter pour le barème progressif de l’IR. Tes dividendes bénéficient alors d’un abattement de 40 % avant imposition, tandis que les prélèvements sociaux (18,6 %) restent dus en totalité.

Le barème progressif est intéressant uniquement si ta tranche marginale d’imposition est à 0 % ou 11 % (revenu imposable inférieur à 29 579 € par part). Au-delà, le PFU est presque toujours plus avantageux.

Attention : c’est une option globale. Elle s’applique à tous tes revenus de capitaux mobiliers de l’année : dividendes, plus-values, intérêts. Pour la majorité des freelances en SASU avec un CA supérieur à 60 000 €, le PFU est le bon choix.

Les conditions légales à remplir avant de distribuer

Distribuer des dividendes ne se fait pas en un clic. Plusieurs conditions doivent être réunies, sous peine de nullité de la distribution :

  • Bénéfice distribuable positif : résultat net de l’exercice + report à nouveau créditeur - réserve légale. Si ta SASU affiche un déficit ou un report à nouveau négatif trop important, pas de distribution possible.
  • Réserve légale constituée : tu dois affecter 5 % du bénéfice annuel à la réserve légale, jusqu’à ce qu’elle atteigne 10 % du capital social. Sur un capital de 1 000 € (courant en SASU), la réserve légale plafonne à 100 € - elle est vite remplie.
  • Capitaux propres supérieurs au capital social : si ta SASU a accumulé des pertes qui ont fait passer les capitaux propres sous le seuil du capital, la distribution est interdite tant que la situation n’est pas assainie.
  • Approbation des comptes en assemblée générale : tu votes la distribution dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice, soit avant le 30 juin pour un exercice clos au 31 décembre.

En pratique, pour un freelance solo avec un exercice bénéficiaire, ces conditions sont rarement bloquantes dès la deuxième année. Ton expert-comptable prépare le PV d’assemblée et s’assure que tout est en règle.

Les acomptes sur dividendes en cours d’exercice sont possibles, mais ils exigent un bilan intermédiaire certifié démontrant un bénéfice suffisant. Pour un freelance solo, mieux vaut attendre la clôture et distribuer en une fois. Plus simple, moins risqué.

Ce que les dividendes ne te rapportent pas

Un collègue développeur freelance a appliqué la stratégie “100 % dividendes” pendant trois ans. Sur le papier, il a maximisé ses revenus. Dans la réalité : zéro trimestre de retraite, zéro droit aux indemnités journalières, et un refus de prêt immobilier quand il a voulu acheter son appartement.

Les dividendes n’ouvrent droit à rien en matière de protection sociale :

  • Pas de trimestres de retraite
  • Pas de points AGIRC-ARRCO
  • Pas d’indemnités maladie
  • Pas de prise en compte par les banques pour un crédit immobilier

La stratégie “tout dividendes” est séduisante dans un tableur. Elle peut devenir coûteuse dans la durée.

Simulations chiffrées : trois profils TJM comparés

Place aux chiffres. Pour chaque niveau de TJM, je compare trois scénarios : 100 % salaire, un mix salaire + dividendes, et le salaire minimum (juste assez pour valider tes trimestres et éviter la taxe PUMa).

Hypothèses communes :

  • 200 jours facturés par an
  • Charges d’exploitation hors rémunération : 6 000 à 10 000 €/an (comptable, assurance, matériel)
  • IS 2026 : 15 % sur les 42 500 premiers € de bénéfice, 25 % au-delà
  • PFU : 31,4 % sur les dividendes
  • Ratio salaire : 1 € net = 1,82 € de coût total SASU
  • IR calculé pour un célibataire sans enfant (1 part fiscale, barème 2026, abattement 10 % sur salaires)
  • Les dividendes sont nets après PFU (impôt définitif). Le salaire est net avant IR (l’IR est déduit séparément)

Tu peux vérifier ces ordres de grandeur avec le simulateur SASU de l’URSSAF.

TJM 400 €/jour, CA 80 000 €

Charges d’exploitation : 6 000 €. Enveloppe disponible : 74 000 €.

100 % salaireMix (2 000 €/mois net)Salaire minimum (800 €/mois net)
Salaire net/an40 660 €24 000 €9 600 €
Dividendes nets/an-17 680 €32 000 €
IR sur salaire-4 080 €-1 100 €0 €
Net dans ta poche36 580 €40 580 €41 600 €
Protection socialeMaximaleBonneMinimale

Le mix te rapporte 4 000 € de plus que le tout-salaire (+11 %). Le salaire minimum pousse le gain à +5 000 €, mais au prix d’une protection sociale réduite au strict minimum.

TJM 600 €/jour, CA 120 000 €

Charges d’exploitation : 8 000 €. Enveloppe disponible : 112 000 €.

100 % salaireMix (3 000 €/mois net)Salaire minimum (800 €/mois net)
Salaire net/an61 540 €36 000 €9 600 €
Dividendes nets/an-26 830 €51 550 €
IR sur salaire-9 720 €-2 820 €0 €
Net dans ta poche51 820 €60 010 €61 150 €
Protection socialeMaximaleBonneMinimale

L’écart se creuse nettement : le mix te rapporte 8 190 € de plus par an (+16 %). Quand j’ai posé ces chiffres pour la première fois, l’ampleur du gain m’a surprise. Presque 700 € de plus chaque mois, juste en répartissant autrement la même enveloppe.

TJM 800 €/jour, CA 160 000 €

Charges d’exploitation : 10 000 €. Enveloppe disponible : 150 000 €.

100 % salaireMix (4 000 €/mois net)Salaire minimum (800 €/mois net)
Salaire net/an82 420 €48 000 €9 600 €
Dividendes nets/an-35 140 €71 100 €
IR sur salaire-15 360 €-6 060 €0 €
Net dans ta poche67 060 €77 080 €80 700 €
Protection socialeMaximaleBonneMinimale

Le mix te rapporte 10 020 € de plus (+15 %). Et le gain continue de croître avec le CA, pour une raison simple : plus ton enveloppe est grande, plus la double fiscalité dividendes (IS 15 % + PFU 31,4 %) reste inférieure aux charges sociales + IR sur le salaire.

Plus ton CA augmente, plus l’optimisation salaire/dividendes a d’impact. À 800 €/jour de TJM, le mix recommandé te rapporte 10 000 € de plus par an que le 100 % salaire, sans sacrifier ta protection sociale.

Le scénario “salaire minimum” : pourquoi je ne le recommande pas

Le salaire minimum maximise ton revenu immédiat. Mais il te prive d’une retraite complémentaire décente (AGIRC-ARRCO), d’indemnités maladie correctes, et te ferme la porte du crédit immobilier. Le gain supplémentaire par rapport au mix recommandé (1 000 à 3 600 € par an selon le TJM) ne compense pas ces risques sur le long terme.

Cas particuliers à anticiper

Crédit immobilier : les banques veulent un salaire

Les banques calculent ta capacité d’emprunt sur tes revenus réguliers. Les dividendes, versés une fois par an et variables, ne comptent pas ou très peu dans leur calcul. Un freelance en SASU qui se verse 800 €/mois de salaire et 4 000 €/mois de dividendes sera traité comme un emprunteur à 800 €/mois par la plupart des banques.

Si un achat immobilier est dans tes plans, augmente ton salaire 2 à 3 ans avant ta demande de prêt. Un salaire net de 3 000 à 4 000 €/mois te positionne beaucoup mieux.

Retraite : les dividendes ne comptent pas

Un freelance de mon réseau a réalisé après cinq ans de SASU “tout dividendes” qu’il n’avait validé aucun trimestre. Rattraper ce retard à 50 ou 55 ans coûte cher, et parfois c’est impossible.

Le salaire est le seul levier qui alimente ta retraite de base et ta complémentaire AGIRC-ARRCO. Si tu vises une pension correcte, un salaire au niveau du PASS (48 060 €/an brut en 2026) maximise tes droits sans être excessif. Au-delà du PASS, les cotisations AGIRC-ARRCO continuent de produire des points, mais le rendement diminue.

Première année d’activité

En première année, tu manques de recul sur ton CA réel. Deux approches possibles :

  • Approche prudente : verse-toi un salaire modéré (1 500 à 2 000 €/mois net) et distribue les dividendes en fin d’exercice quand tu connais ton résultat
  • Approche minimaliste : verse-toi le minimum pour valider tes trimestres et constitue un matelas de trésorerie

Je recommande la première. Tu auras un revenu prévisible pour tes dépenses courantes et tu te construiras des droits sociaux dès le départ.

Option SASU à l’IR : court-circuiter la double imposition (5 ans max)

Pendant les 5 premiers exercices de ta SASU, tu peux opter pour l’impôt sur le revenu à la place de l’IS. Le bénéfice n’est plus imposé au niveau de la société (15 % ou 25 %) puis au PFU (31,4 %) au moment de la distribution. Il remonte directement dans ta déclaration personnelle, taxé à ton taux marginal d’imposition. La double imposition disparaît.

Cette option est ouverte sous conditions : SASU de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, chiffre d’affaires ou bilan inférieur à 10 M€, capital détenu à au moins 50 % par des personnes physiques (dont 34 % par le dirigeant). Concrètement, la quasi-totalité des freelances en SASU y sont éligibles.

Elle devient intéressante dans trois cas précis :

  • Foyer fiscal à TMI 0 % ou 11 % (revenu imposable < 29 579 € par part en 2026) : tu paies moins en remontant le bénéfice à l’IR qu’en passant par IS + PFU.
  • Première année déficitaire : le déficit s’impute sur ton revenu global, ce qui réduit ton impôt sur le revenu, voire génère un crédit reportable.
  • Couple où l’autre conjoint a peu de revenus : le quotient familial absorbe une partie du bénéfice à faible taux.

L’option a deux limites importantes. Tout le bénéfice est imposé à ton TMI, qu’il soit distribué ou réinvesti dans la société, et la rémunération que tu te verses n’est pas déductible du résultat fiscal (contrairement à l’IS). Tu cotises malgré tout socialement sur cette rémunération, comme à l’IS classique. Au-delà d’un TMI à 11 % (revenu imposable supérieur à 29 579 €/part), l’IS + PFU reprend généralement l’avantage, surtout si tu réinvestis du bénéfice dans la société.

L’option IR se choisit à l’unanimité des associés (un seul vote pour une SASU solo), dans les 3 premiers mois de l’exercice. Elle est valable 5 exercices maximum et non renouvelable. Au-delà, retour automatique à l’IS.

Cumul allocations chômage (ARE) et rémunération SASU

Si tu crées ta SASU après une rupture conventionnelle ou un licenciement, l’arbitrage salaire/dividendes a un impact direct sur tes allocations chômage. Deux options principales :

Zéro salaire = ARE maintenue à 100 %. Tu ne te verses aucune rémunération en tant que président, tu conserves l’intégralité de tes allocations. Ton expert-comptable établit une attestation de non-rémunération que tu transmets à France Travail chaque mois.

Salaire partiel = ARE réduite. France Travail déduit 70 % de ton salaire brut mensuel du montant de tes allocations. Si tu te verses 2 000 € brut/mois, ton ARE diminue de 1 400 €/mois. Les jours non indemnisés allongent ta durée de droits.

Attention sur les dividendes : depuis avril 2025, le versement de dividendes pendant la période d’indemnisation peut te faire perdre les 40 % de droits restants après l’arrêt du cumul ARE. La distribution n’est donc plus neutre fiscalement vis-à-vis de France Travail. Si tu maintiens ton ARE, mieux vaut différer toute distribution après la fin de tes droits, ou basculer en ARCE en amont. Un minimum de salaire (800 € net/mois) reste recommandé pour sécuriser ta position et éviter une requalification.

Depuis avril 2025, le cumul ARE avec une activité non salariée est limité dans le temps à 60 % de tes droits restants. Si tu disposes de 24 mois d’indemnisation, le cumul s’arrête après environ 14 mois. Anticipe cette échéance dans ta stratégie de rémunération.

L’alternative à l’ARE mensuelle est l’ARCE : un versement en capital de 60 % de tes droits restants, en deux fois. Pour un comparatif détaillé entre maintien de l’ARE et ARCE, consulte notre guide ARCE pour freelance. Tu peux aussi simuler ton arbitrage avec le simulateur cumul ARE/freelance. Et pour comprendre l’ensemble du dispositif chômage en création d’entreprise, notre guide ARE et freelance couvre tous les cas de figure.

Les erreurs classiques qui coûtent cher

Ne se verser aucun salaire. L’objectif est de payer le moins de charges possible. Le résultat : zéro trimestre de retraite, zéro indemnité maladie, et une taxe PUMa (6,5 % sur tes dividendes) qui vient grignoter l’économie. Un freelance de mon entourage a perdu plus en taxe PUMa qu’il n’avait économisé en charges sur son premier exercice.

Distribuer tous les bénéfices en dividendes. Si tu distribues tout, tu ne gardes aucune réserve en société. Le premier mois creux, le premier retard de paiement client, et ta trésorerie est à sec. Garde au minimum 3 à 6 mois de charges fixes dans la SASU avant de distribuer.

Oublier les acomptes d’IS. L’impôt sur les sociétés ne se paie pas en une fois. Tu dois verser des acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre). Si tu oublies, tu risques des majorations de retard. Ton expert-comptable les programme normalement pour toi.

Fixer sa rémunération une fois pour toutes. Ton CA évolue, les taux changent (la flat tax est passée de 30 à 31,4 % en 2026), ta situation personnelle aussi. Revois ton arbitrage salaire/dividendes au minimum une fois par an.

La meilleure stratégie de rémunération n’est pas celle qui minimise les charges à court terme. C’est celle qui optimise tes revenus nets tout en te construisant une protection sociale solide pour le long terme.

Ta checklist rémunération SASU

Tu as les données, il te reste à passer à l’action :

  1. Fixe ton salaire plancher : au moins 800 € net/mois (10 000 € brut/an) pour valider tes 4 trimestres et éviter la taxe PUMa
  2. Ajuste selon tes objectifs : crédit immobilier en vue ? Monte à 3 000-4 000 €/mois. Retraite solide ? Vise le PASS (48 060 €/an brut)
  3. Estime ton résultat prévisionnel : CA - charges d’exploitation - coût du salaire = bénéfice avant IS
  4. Planifie tes dividendes : distribue après la clôture, quand tu connais le résultat réel. Conserve 3 à 6 mois de trésorerie en société
  5. Revois la stratégie chaque année avec ton expert-comptable. Des outils comme Pennylane te permettent de suivre ton résultat en temps réel et de piloter l’arbitrage avec ton comptable

Si tu cherches un expert-comptable en ligne qui connaît bien l’optimisation SASU, DougsAvantage partenaire1 mois offertchez Dougs accompagne de nombreux freelances sur cette problématique.

Pour aller plus loin sur l’optimisation fiscale, notre guide des charges déductibles en freelance détaille toutes les dépenses que tu peux soustraire de ton résultat imposable - et donc de la base de calcul de l’IS.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on ne se verser aucun salaire en SASU ? +

Oui, c'est légal. Mais sans salaire, tu ne valides aucun trimestre de retraite, tu n'as droit à aucune indemnité maladie, et tu t'exposes à la taxe PUMa (6,5 % sur tes revenus du capital si tes revenus d'activité sont inférieurs à 20 % du PASS). En pratique, un minimum de 800 € net/mois est recommandé.

Quand peut-on verser des dividendes en SASU ? +

Après l'approbation des comptes annuels en assemblée générale ordinaire, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice. Des acomptes sur dividendes sont possibles en cours d'exercice, à condition de produire un bilan intermédiaire certifié qui justifie un résultat suffisant.

La flat tax à 31,4 % est-elle identique en EURL ? +

Non. En EURL à l'IS, seuls les dividendes inférieurs à 10 % du capital social bénéficient du PFU à 31,4 %. Au-delà, ils sont requalifiés en revenus d'activité et soumis aux cotisations TNS (~45 %). En SASU, cette requalification n'existe pas, quel que soit le montant distribué.

Faut-il un expert-comptable pour gérer sa rémunération en SASU ? +

Ce n'est pas obligatoire légalement, mais fortement recommandé. La gestion des bulletins de paie, des déclarations sociales (DSN), des acomptes d'IS et de l'optimisation fiscale nécessite des compétences pointues. Une erreur dans les cotisations ou les déclarations peut entraîner des majorations.

Comment savoir si le barème progressif est plus avantageux que le PFU ? +

Le barème progressif est intéressant si ta tranche marginale d'imposition est à 0 % ou 11 % (revenu imposable inférieur à 29 579 € par part en 2026). Au-delà, le PFU à 31,4 % est presque toujours plus avantageux. L'option s'applique globalement à tous tes revenus de capitaux mobiliers de l'année.

Peut-on cumuler ARE (chômage) et rémunération en SASU ? +

Oui. Sans rémunération, tu conserves 100 % de tes allocations ARE. Avec un salaire partiel, France Travail déduit 70 % de ton brut mensuel. Depuis avril 2025, le cumul avec une activité non salariée est limité à 60 % de tes droits restants, et tout versement de dividendes pendant la période d'indemnisation peut te faire perdre les 40 % de droits restants.

Quelles sont les conditions pour distribuer des dividendes en SASU ? +

Il faut un bénéfice distribuable positif (résultat net + report à nouveau - réserve légale), des capitaux propres supérieurs au capital social, et l'approbation des comptes en assemblée générale dans les 6 mois suivant la clôture. La réserve légale (5 % du bénéfice) doit être constituée jusqu'à 10 % du capital social.

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