Choisir entre SASU et EURL quand tu quittes la micro-entreprise, c’est le genre de décision qui peut te bloquer pendant des semaines. Tu as peur de te tromper, de payer trop de charges ou de te retrouver piégé dans un statut inadapté.
C’est normal. Les deux structures se ressemblent sur le papier, mais elles divergent sur un point fondamental qui va impacter tes revenus, ta retraite et ta fiscalité pendant des années. J’ai moi-même passé des heures à comparer les deux avant de créer ma structure, et je sais à quel point les informations contradictoires circulent.
Dans ce comparatif, on pose les chiffres 2026 à plat. Charges sociales, dividendes, protection sociale, cession : tu auras tout ce qu’il faut pour trancher. Et si tu hésites encore avec la micro-entreprise, commence par le comparatif micro vs SASU.
Deux sociétés, une différence fondamentale
Ce qu’elles ont en commun
SASU et EURL sont toutes les deux des sociétés unipersonnelles. Un seul associé, une personnalité morale distincte de la tienne, un patrimoine professionnel séparé de ton patrimoine personnel.
Dans les deux cas :
- Tu déposes un capital social (1 € minimum, 500 à 1 000 € recommandés)
- Tu rédiges des statuts
- Tu déduis tes charges réelles (matériel, logiciels, déplacements, formations)
- Tu es soumis par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS)
- Tu dois tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale)
- Ton patrimoine personnel est protégé en cas de difficulté
Sur le papier, SASU et EURL sont quasi-identiques. La différence qui change tout, c’est ton statut social en tant que dirigeant.
Le vrai clivage : ton statut social
En SASU, tu es président assimilé salarié. Tu relèves du régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique. Tu reçois des bulletins de paie. Tes cotisations sont élevées, mais ta couverture est large.
En EURL, tu es gérant travailleur non salarié (TNS). Tu relèves de la Sécurité sociale des indépendants (SSI, ex-RSI). Tes cotisations sont plus faibles, mais ta couverture aussi.
Cette distinction unique entraîne des différences en cascade sur tes charges, ta rémunération, ta retraite et ta stratégie fiscale. Tout le reste du comparatif en découle.
Création et formalités : match nul
Les démarches sont quasi-identiques pour les deux statuts. Voici les étapes :
- Rédiger les statuts (seul ou avec un professionnel)
- Déposer le capital social sur un compte bancaire professionnel
- Publier une annonce légale de constitution
- Immatriculer la société via le guichet unique de l’INPI
- Déclarer les bénéficiaires effectifs
Le coût réel en 2026 :
| Poste | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Annonce légale | ~170 € TTC | ~150 € TTC |
| Immatriculation (greffe) | ~34 € | ~34 € |
| Déclaration bénéficiaires | ~19 € | ~19 € |
| Total (seul) | ~225 € | ~205 € |
| Avec avocat ou plateforme | 500-1 500 € | 500-1 500 € |
Compte 2 à 4 semaines pour recevoir ton extrait Kbis. Aucune différence significative entre les deux. Si tu as déjà créé ta micro-entreprise, la complexité est un cran au-dessus, mais rien d’insurmontable.
Si tu préfères déléguer la rédaction des statuts et les formalités, des plateformes comme LegalPlaceAvantage partenaire-15 % avec le codeLEFREELANCE prennent en charge l’ensemble du dossier (statuts, dépôt de capital, annonce légale, immatriculation) pour 200 à 400 € hors frais administratifs. C’est la solution intermédiaire entre le DIY et l’avocat.
J’ai créé ma structure en rédigeant moi-même les statuts à partir d’un modèle. Budget total : moins de 300 €. L’essentiel, c’est de bien comprendre les clauses de rémunération et de cession avant de signer.
Charges sociales : le premier grand écart
C’est ici que la différence de statut social se traduit en euros.
En EURL (gérant TNS)
Le gérant d’EURL paie des cotisations sociales d’environ 45 % de sa rémunération nette. Pour te verser 1 000 € net, l’EURL débourse environ 1 450 €.
Ces cotisations couvrent la maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire (RCI, ex-RSI), les allocations familiales, la CSG/CRDS et la formation professionnelle.
Point important : même sans te verser de rémunération, tu dois payer des cotisations minimales d’environ 1 135 € par an (hors contribution formation).
En SASU (président assimilé salarié)
Le président de SASU paie des cotisations d’environ 80 % de son salaire net (charges salariales + patronales combinées). Pour te verser 1 000 € net, la SASU débourse environ 1 800 €.
Tu cotises au régime général (maladie, retraite de base, Agirc-Arrco, prévoyance) exactement comme un salarié. En contrepartie, si tu ne te verses aucun salaire, tu ne paies aucune cotisation. Zéro.
| EURL (TNS) | SASU (assimilé salarié) | |
|---|---|---|
| Taux de cotisations | ~45 % du net | ~80 % du net |
| Coût pour 1 000 € net | ~1 450 € | ~1 800 € |
| Cotisation minimale | ~1 135 €/an | 0 € (sans salaire) |
| Régime | SSI (indépendants) | Régime général |
La différence de coût entre 1 450 € et 1 800 € paraît modeste sur un mois. Sur une année à 5 000 € net par mois, ça représente 21 000 € d’écart en charges. Ce n’est pas anodin.
Rémunération et dividendes : là où tout se joue
Les charges sociales ne racontent qu’une partie de l’histoire. La stratégie de rémunération - combien tu te verses en salaire et combien en dividendes - change radicalement l’équation.
La stratégie salaire + dividendes en SASU
En SASU, les dividendes ne sont soumis qu’à la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, taux 2026). Pas de cotisations sociales supplémentaires.
C’est le levier principal de la SASU. La stratégie classique :
- Tu te verses un salaire modéré (pour couvrir ta protection sociale et tes droits retraite)
- Tu laisses le bénéfice restant dans la société
- Tu te distribues des dividendes, taxés uniquement à 31,4 %
Plus ton CA est élevé, plus cette stratégie devient rentable. À 200 000 € de CA, la différence avec une rémunération intégrale en salaire est considérable.
Le piège des 10 % du capital en EURL
En EURL, les dividendes fonctionnent très différemment. La fraction qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des apports en compte courant d’associé) est requalifiée en revenus d’activité. Traduction : elle est soumise aux cotisations sociales TNS à ~45 %, en plus de l’impôt sur le revenu.
Avec un capital de 1 000 € (cas fréquent chez les freelances), seuls 100 € de dividendes échappent aux cotisations sociales. Au-delà, tu paies quasiment autant de cotisations que sur ta rémunération.
C’est le point qui fait basculer le match en faveur de la SASU à haut chiffre d’affaires. En EURL, tu n’as pas de vrai levier d’optimisation fiscale via les dividendes, sauf si tu augmentes significativement ton capital social.
| SASU | EURL | |
|---|---|---|
| Fiscalité des dividendes | Flat tax 31,4 % | Flat tax 31,4 % |
| Cotisations sociales sur dividendes | Aucune | ~45 % au-delà de 10 % du capital |
| Levier d’optimisation | Fort (salaire + dividendes) | Faible (piège des 10 %) |
Simulations chiffrées : SASU vs EURL à 80k, 120k et 200k €
Passons aux chiffres concrets. Pour chaque scénario, j’utilise ces hypothèses :
- Freelance célibataire, sans enfant
- Frais professionnels annuels : 4 000 à 6 000 € (expert-comptable, banque, RC Pro, logiciels)
- EURL : rémunération intégrale du gérant (stratégie la plus courante)
- SASU : salaire au SMIC (~17 100 € net/an) + dividendes (stratégie d’optimisation)
- Capital social : 1 000 €
- Taux IS 2026 : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà
Scénario 1 : 80 000 € de CA
EURL : tu te verses l’intégralité en rémunération. Après cotisations TNS (~45 %), il te reste environ 52 400 € net avant impôt sur le revenu. Après IR (barème progressif, célibataire), ton revenu net disponible est d’environ 43 500 €.
SASU : tu prends le SMIC en salaire (17 100 € net) et tu distribues le reste en dividendes après IS. Après flat tax sur les dividendes, ton revenu net disponible est d’environ 41 700 €.
→ Avantage EURL : +1 800 €/an. À ce niveau de CA, les charges sociales réduites du TNS l’emportent sur l’avantage dividendes de la SASU.
Scénario 2 : 120 000 € de CA
EURL : rémunération nette ~79 300 € avant IR. Après impôt, revenu net disponible d’environ 62 400 €.
SASU : SMIC + dividendes. Après IS et flat tax, revenu net disponible d’environ 62 200 €.
→ Match nul. C’est la zone de bascule. Les deux structures produisent un résultat quasi-identique autour de 120 000 € de CA.
Scénario 3 : 200 000 € de CA
EURL : rémunération nette ~133 800 € avant IR. Le barème progressif frappe fort (tranche à 41 % au-delà de 84 577 €). Revenu net disponible d’environ 95 100 €.
SASU : SMIC + dividendes massifs. L’IS absorbe une part du bénéfice, mais la flat tax à 31,4 % reste bien plus douce que le barème progressif à 41 %. Revenu net disponible d’environ 102 800 €.
→ Avantage SASU : +7 700 €/an. Et l’écart se creuse à mesure que le CA augmente.
| CA annuel | EURL (net dispo.) | SASU (net dispo.) | Écart |
|---|---|---|---|
| 80 000 € | ~43 500 € | ~41 700 € | EURL +1 800 € |
| 120 000 € | ~62 400 € | ~62 200 € | ≈ égalité |
| 200 000 € | ~95 100 € | ~102 800 € | SASU +7 700 € |
Estimations indicatives pour un célibataire sans enfant, stratégie SMIC en SASU. Les montants exacts dépendent de ta situation familiale, de tes charges déductibles et de tes choix d’optimisation. Utilise notre simulateur de revenus pour affiner.
Attention : la stratégie “SMIC + dividendes” en SASU réduit tes droits à la retraite et tes indemnités journalières. Ce n’est pas un détail. On en parle juste après.
Protection sociale : ce que tu gagnes et ce que tu perds
Les chiffres de rémunération ne disent pas tout. La qualité de ta protection sociale pèse lourd sur le long terme.
Arrêt maladie et prévoyance
En SASU, tes indemnités journalières sont calculées sur ton salaire brut, comme un salarié. Le délai de carence est de 3 jours. Si tu te verses un salaire correct, ta couverture en cas d’arrêt est solide.
En EURL, tu as droit aux indemnités journalières de la SSI après un délai de carence de 3 jours également (harmonisé depuis 2021). Mais les montants sont généralement inférieurs à ceux du régime général, et plafonnés.
Dans les deux cas, une prévoyance complémentaire (Madelin en EURL, contrat groupe ou individuel en SASU) est fortement recommandée. En EURL, les cotisations Madelin sont déductibles du bénéfice imposable, ce qui est un avantage fiscal non négligeable.
Retraite
C’est un des points les plus sous-estimés du comparatif.
En SASU, tu cotises au régime général + Agirc-Arrco. Tes points de retraite complémentaire s’accumulent en fonction de ton salaire brut. Avec un salaire au SMIC, tu valides tes trimestres mais tu accumules très peu de droits à la retraite complémentaire.
En EURL, tu cotises à la retraite de base (identique au régime général) + RCI (ex-RSI) pour la complémentaire. Les cotisations sont plus faibles, mais les droits acquis aussi. Pour creuser le sujet, l’article sur la retraite en freelance détaille les mécanismes par statut.
Quand j’ai commencé en freelance, la retraite était le cadet de mes soucis. 14 ans plus tard, je réalise que les droits accumulés - ou pas - pendant ces années comptent énormément. Quel que soit ton choix entre SASU et EURL, ne sacrifie pas ta retraite pour optimiser tes impôts à court terme.
Accès au crédit immobilier
Si tu envisages d’acheter un bien immobilier, le statut social peut changer la donne.
En SASU, tu reçois des bulletins de paie. Les banques adorent ça. Ton salaire régulier rassure les analystes crédit, même si tes dividendes ne sont pas toujours pris en compte.
En EURL, tu n’as pas de bulletin de paie. La banque analyse ton bilan et tes trois dernières liasses fiscales. C’est plus complexe à monter, et certains conseillers bancaires connaissent mal le statut TNS. Ça ne signifie pas que c’est impossible - simplement que le dossier demande plus de pédagogie.
Maintien de l’ARE à la création
Si tu quittes un CDI pour créer ta société, ce point est décisif. Le maintien de tes allocations chômage dépend directement de ta rémunération.
En SASU, c’est limpide : tu ne te verses aucun salaire, tu ne paies aucune cotisation, France Travail maintient ton ARE à 100 %. Tu développes ton activité avec la trésorerie de la société et tu vis de tes allocations le temps de décrocher tes premiers contrats.
En EURL, même sans rémunération, tu dois régler les cotisations minimales TNS (~1 135 €/an). Ces cotisations ne réduisent pas directement tes ARE, mais c’est un coût de trésorerie à prévoir. Et dès que tu te verses la moindre rémunération, France Travail recalcule tes droits.
Dans les deux cas, tu peux aussi choisir l’ARCE (versement en capital d’une partie de tes droits) plutôt que le maintien mensuel. Notre guide sur le chômage et freelance détaille les conditions, et notre simulateur ARE t’aide à estimer tes droits.
Si tu crées ta structure en sortant d’un CDI, la SASU simplifie le maintien de l’ARE : zéro salaire = zéro cotisation = allocation intégrale.
Fiscalité IS et IR : mode d’emploi
Les deux structures sont soumises par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS) :
- 15 % sur les bénéfices jusqu’à 42 500 € (taux réduit PME)
- 25 % au-delà
L’IS s’applique sur le résultat net, après déduction de ta rémunération, de tes cotisations et de toutes tes charges professionnelles. Plus tu déduis, moins tu paies d’IS.
L’EURL à l’IR par défaut : contrairement à la SASU, l’EURL est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu (IR), de manière permanente. Tu peux rester à l’IR ou opter pour l’IS à tout moment. Si tu optes pour l’IS, cette option est révocable pendant les 5 premiers exercices, puis devient irrévocable. À l’IR, le bénéfice est directement imposé au barème progressif, sans passer par l’IS. Cette option peut être intéressante si ton taux marginal d’imposition est inférieur à 25 %.
En SASU, l’option IR existe aussi mais elle est limitée aux 5 premières années et rarement avantageuse en pratique.
| EURL | SASU | |
|---|---|---|
| Régime par défaut | IR (option IS révocable 5 ans) | IS |
| Option IR | Par défaut, permanent | Limitée à 5 ans |
| IS taux réduit | 15 % jusqu’à 42 500 € | 15 % jusqu’à 42 500 € |
| IS taux normal | 25 % au-delà | 25 % au-delà |
Cession et transmission : penser à la sortie
Si tu envisages de revendre ton activité un jour, ce critère peut être décisif.
En SASU, tu cèdes des actions. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 0,1 % du prix de cession. Pour une vente à 100 000 €, tu paies 100 € de droits.
En EURL, tu cèdes des parts sociales. Les droits d’enregistrement sont de 3 % (après un abattement proportionnel de 23 000 €). Pour une vente à 100 000 €, tu paies environ 2 310 € de droits.
La SASU est aussi plus souple pour accueillir des investisseurs ou des associés. Tu peux créer différentes catégories d’actions (actions de préférence, BSA, BSPCE) pour structurer une levée de fonds ou intéresser des collaborateurs. L’EURL, limitée aux parts sociales, offre moins de flexibilité sur ce plan.
Si tu construis une activité que tu pourrais revendre - un produit SaaS, une agence, un cabinet de conseil avec sa clientèle - la SASU est le choix le plus logique pour la sortie.
| SASU | EURL | |
|---|---|---|
| Type de titres | Actions | Parts sociales |
| Droits d’enregistrement | 0,1 % | 3 % (abattement 23 000 €) |
| Catégories de titres | Multiples (préférence, BSA…) | Unique |
| Entrée d’associés | Simple (SAS) | Transformation en SARL nécessaire |
Gestion au quotidien : quelles contraintes ?
Au-delà de la création, les obligations récurrentes ne sont pas les mêmes.
Les deux structures imposent chaque année l’approbation des comptes par l’associé unique (dans les 6 mois suivant la clôture), le dépôt des comptes annuels au greffe et les déclarations fiscales (IS ou IR, TVA, CFE).
La charge administrative en SASU
Le statut d’assimilé salarié du président ajoute une couche de gestion :
- Bulletins de paie à éditer chaque mois (même si tu es le seul salarié)
- DSN (Déclaration Sociale Nominative) mensuelle auprès de l’URSSAF
- Rapport de gestion du président (simplifié pour les petites entreprises)
C’est cette lourdeur administrative qui explique le surcoût expert-comptable en SASU : 2 000 à 3 500 €/an contre 1 500 à 2 500 €/an en EURL.
La simplicité relative de l’EURL
Le gérant TNS a moins de formalisme au quotidien :
- Pas de bulletin de paie - ta rémunération est déclarée directement à l’URSSAF
- Un PV de décision de l’associé unique suffit pour l’approbation des comptes
- Les cotisations sont calculées sur ta déclaration de revenus, avec régularisation annuelle
En charge administrative pure, l’EURL est plus légère. Si tu veux consacrer le maximum de ton temps à tes missions plutôt qu’à la paperasse, c’est un argument qui pèse.
Quel statut choisir selon ton profil ?
Tu démarres avec un CA de 70-100k € et tu veux la simplicité
L’EURL est probablement ton meilleur choix. Les charges sociales plus faibles te laissent un revenu net supérieur à ce niveau de CA. Le statut TNS est simple à gérer. Tu n’as pas besoin d’optimiser avec des dividendes.
Tu es freelance installé à 120k €+ et tu veux optimiser
La SASU devient compétitive à partir de 120 000 € de CA, et clairement avantageuse au-delà de 150 000 €. La stratégie salaire + dividendes te permet de réduire significativement ta charge fiscale globale. Mais cette optimisation a un prix : tu dois accepter un salaire modéré et une protection sociale réduite en proportion.
Tu veux revendre ton activité un jour
La SASU est le choix évident. Les droits d’enregistrement à 0,1 % contre 3 %, la possibilité de créer des catégories d’actions et la facilité d’accueil d’associés font de la SASU la structure la plus adaptée aux projets de cession ou de croissance.
Tu veux maximiser ta protection sociale
L’EURL offre un meilleur rapport cotisations/couverture pour la plupart des freelances. En SASU, tu dois te verser un salaire conséquent pour bénéficier d’une protection correcte, ce qui annule en partie l’avantage fiscal des dividendes. Le contrat Madelin en EURL (prévoyance et retraite complémentaire, déductible) complète efficacement le régime de base.
Tu as un projet immobilier à court terme
La SASU facilite le montage du dossier bancaire grâce aux bulletins de paie. Si l’achat est imminent, c’est un argument à ne pas négliger.
Ta checklist de décision
Avant de choisir, pose-toi ces cinq questions :
- Quel est ton CA prévisionnel ? En dessous de 120 000 €, l’EURL est généralement plus rentable. Au-dessus, la SASU prend l’avantage.
- Quelle importance accordes-tu à ta protection sociale ? Si tu veux une couverture solide sans y penser, l’EURL avec un contrat Madelin est souvent le meilleur deal.
- Envisages-tu de revendre ton activité ? Si oui, la SASU est incontournable.
- As-tu un projet immobilier ? Les bulletins de paie SASU simplifient le dossier bancaire.
- Quel budget comptable es-tu prêt à mettre ? L’expert-comptable coûte 1 500 à 2 500 €/an en EURL, 2 000 à 3 500 €/an en SASU.
Quel que soit ton choix, rappelle-toi que rien n’est définitif. Tu peux transformer une EURL en SASU (ou l’inverse) si ta situation évolue. Le coût de transformation est de l’ordre de 1 000 à 2 000 €. L’important, c’est de démarrer avec la structure qui correspond à ta réalité d’aujourd’hui, pas à un scénario hypothétique dans cinq ans.
SASU ou EURL, le bon choix dépend de tes chiffres à toi. Utilise notre simulateur de revenus freelance pour affiner ta décision, et prends rendez-vous avec un expert-comptable. La plupart offrent un premier échange gratuit.
Questions fréquentes
Peut-on transformer une EURL en SASU (ou inversement) ? +
Oui. La transformation nécessite une modification des statuts, une publication d'annonce légale et une mise à jour au greffe. Le coût total se situe entre 1 000 et 2 000 €. Le numéro SIRET reste le même, tes contrats clients ne sont pas affectés.
SASU ou EURL : laquelle coûte le moins cher à gérer au quotidien ? +
L'EURL est généralement moins coûteuse à gérer. L'expert-comptable facture 1 500 à 2 500 €/an contre 2 000 à 3 500 €/an en SASU (la gestion de la paie du président alourdit la facture). Les deux nécessitent un compte bancaire professionnel (100 à 300 €/an).
La stratégie SMIC + dividendes en SASU est-elle risquée ? +
Elle est légale mais surveillée. L'URSSAF peut requalifier les dividendes en salaire si la rémunération du président est manifestement insuffisante par rapport à son activité. En pratique, un salaire au moins égal au SMIC est rarement contesté, mais au-delà de 150 000 € de dividendes avec un salaire au SMIC, le risque de redressement augmente. Discute avec ton expert-comptable pour trouver le bon équilibre.
Ai-je droit au chômage en SASU ou en EURL ? +
Par défaut, le dirigeant de SASU ou d'EURL ne cotise pas à l'assurance chômage. En revanche, si tu crées ta société en sortant d'un CDI, tu peux maintenir tes allocations ARE sous conditions (voir la section protection sociale ci-dessus). En cas de cessation d'activité, l'ATI (Allocation des Travailleurs Indépendants) offre un filet de sécurité minimal (jusqu'à ~800 €/mois pendant 6 mois) en cas de liquidation judiciaire, sous conditions strictes.
Faut-il forcément un expert-comptable en EURL et en SASU ? +
Ce n'est pas légalement obligatoire, mais c'est très fortement recommandé. Les deux structures impliquent une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale) que tu ne peux pas gérer avec un simple livre de recettes. En SASU, la gestion des bulletins de paie rend l'expert-comptable quasi indispensable.
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