Holding et SASU : quand créer une holding en freelance (et comment ça marche)

La holding est le montage le plus cité dans les groupes de freelances en SASU. Mais à quel moment ça vaut le coup ? Mécanisme fiscal, seuils, montage SCI et pièges à éviter.

Holding et SASU : quand créer une holding en freelance (et comment ça marche)

31,4 %. C’est le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les dividendes en SASU depuis 2026. Pour un freelance qui distribue 80 000 € de dividendes après impôt sur les sociétés, c’est plus de 25 000 € de fiscalité personnelle avant même que l’argent arrive sur son compte.

Ce chiffre pousse de plus en plus de freelances expérimentés à chercher une alternative. Et cette alternative revient dans toutes les conversations : la holding. Le mot circule dans les forums de développeurs et les groupes de consultants, jusque dans les rendez-vous avec les experts-comptables. Pourtant, entre la promesse d’optimisation et la réalité comptable, il y a un écart que peu d’articles expliquent clairement.

La première fois qu’on m’a parlé de holding, j’étais persuadée que c’était réservé aux grands groupes. Pas aux freelances qui facturent du conseil ou du développement. J’avais tort.

Ce guide pose les bases. Tu vas comprendre ce qu’est une holding, comment fonctionne le mécanisme fiscal qui la rend intéressante, à quel seuil de bénéfice elle devient rentable, et quels sont les pièges à éviter. Si tu hésites encore entre IS et IR pour ta société, commence par là. La holding suppose que tu sois à l’IS.

C’est quoi une holding (et pourquoi les freelances en SASU s’y intéressent) ?

Une holding est une société dont l’activité principale consiste à détenir des participations dans d’autres sociétés. Elle ne facture pas de missions. Elle ne produit rien. Son rôle est de centraliser les flux financiers d’un groupe de sociétés.

Dans le cas d’un freelance en SASU, le schéma classique fonctionne ainsi :

  • Tu crées une seconde société (la holding)
  • La holding détient 100 % du capital de ta SASU opérationnelle, celle qui facture tes missions
  • Les bénéfices de ta SASU remontent vers la holding sous forme de dividendes
  • Tu décides ensuite comment utiliser cette trésorerie : réinvestir, acquérir de l’immobilier via une SCI, ou te verser des dividendes personnels

La holding ne supprime pas la fiscalité. Elle la diffère. L’intérêt est de pouvoir réinvestir davantage de trésorerie avant que l’impôt personnel ne s’applique.

Pourquoi c’est particulièrement intéressant pour un freelance en SASU ? Parce qu’en SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, contrairement à l’EURL où la requalification au-delà de 10 % du capital s’applique. Ils sont soumis uniquement au PFU de 31,4 %. Si tu n’as pas besoin de tout cet argent immédiatement, le faire transiter par une holding te permet de le capitaliser avec un frottement fiscal minimal.

C’est là que le régime mère-fille entre en jeu.

Comment fonctionne le régime mère-fille

Le régime mère-fille est le mécanisme fiscal central du montage holding. Il permet à la société mère (ta holding) de recevoir les dividendes de sa filiale (ta SASU) en étant quasi exonérée d’impôt sur ces revenus (source : article 145 du CGI).

Quand ta SASU verse des dividendes à la holding, 95 % de ces dividendes sont exonérés d’IS. Seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % est réintégrée dans le résultat imposable de la holding.

Sur ces 5 %, la holding paie l’impôt sur les sociétés au taux en vigueur : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (source : service-public.fr). Le frottement fiscal réel se situe entre 0,75 % et 1,25 % du montant des dividendes remontés.

Pour en bénéficier, ta holding doit remplir trois conditions :

  • Détenir au moins 5 % du capital de la filiale (en tant que freelance, tu détiens 100 % via la holding, condition remplie d’office)
  • Conserver ces titres pendant au minimum deux ans
  • Être soumise à l’IS

Le régime mère-fille est un droit, pas une option à activer. Si les conditions sont remplies, tu l’appliques directement dans la déclaration de résultats de la holding.

Exemple chiffré : 80 000 € de dividendes

Prenons un freelance dont la SASU dégage 80 000 € de bénéfice distribuable après IS et après rémunération du président.

Sans holding (distribution directe) :

Montant
Dividendes bruts80 000 €
PFU à 31,4 %25 120 €
Net perçu54 880 €

Avec holding (régime mère-fille) :

Montant
Dividendes remontés à la holding80 000 €
QPFC (5 %) réintégrée4 000 €
IS holding sur la QPFC (15 %)600 €
Trésorerie disponible dans la holding79 400 €

Résultat : 79 400 € de trésorerie réinvestissable dans la holding, contre 54 880 € dans ta poche sans holding. C’est 24 520 € de plus à faire travailler avant impôt personnel.

Un point essentiel à garder en tête : si tu te verses ensuite des dividendes depuis la holding, le PFU de 31,4 % s’appliquera sur ce versement. La holding ne fait pas disparaître la flat tax. Elle te permet de capitaliser et d’investir plus de trésorerie avant de la payer.

Holding animatrice ou holding passive : quelle différence ?

Toutes les holdings ne se valent pas aux yeux de l’administration fiscale. La distinction entre holding animatrice et holding passive a des conséquences concrètes.

Une holding passive (ou patrimoniale) se contente de détenir des participations et de percevoir des dividendes. C’est le cas le plus fréquent chez les freelances : la holding possède les titres de la SASU opérationnelle et capitalise la trésorerie remontée.

Une holding animatrice va plus loin. Elle participe activement à la politique stratégique de ses filiales, rend des services transversaux (gestion administrative, comptabilité, direction financière) et peut facturer ces prestations via une convention de management fees. Pour que cette facturation soit valide, les services rendus doivent être réels, documentés et facturés à un prix de marché. Sans justification, l’administration peut requalifier les management fees en distribution déguisée de bénéfices.

En pratique, pour un freelance avec une seule SASU, la holding est le plus souvent passive. La qualification d’animatrice devient pertinente si tu développes plusieurs filiales ou si tu souhaites bénéficier de certains avantages fiscaux réservés aux holdings animatrices (exonération partielle d’IFI sur les titres, éligibilité au pacte Dutreil pour la transmission).

Pour un freelance solo, la holding passive suffit dans la majorité des cas. La distinction animatrice/passive devient importante quand tu structureras un véritable groupe avec plusieurs activités.

À partir de quel bénéfice une holding devient rentable ?

La holding a des coûts fixes. Pour qu’elle soit pertinente, le bénéfice de capitalisation doit dépasser ces coûts.

Les coûts à intégrer

  • Création de la holding : entre 500 et 2 500 € selon que tu passes par une plateforme en ligne ou un avocat (frais incompressibles d’environ 195 € : annonce légale, immatriculation, registre des bénéficiaires effectifs)
  • Comptabilité annuelle : 1 200 à 2 500 € par an pour un cabinet en ligne, jusqu’à 3 000 € avec du conseil patrimonial
  • Formalités juridiques (AG, procès-verbaux de distribution) : 200 à 500 € par an
  • Total annuel récurrent : environ 1 500 à 3 000 €

Le seuil de pertinence

La question n’est pas seulement “combien de bénéfice ?”. C’est aussi “as-tu un projet de réinvestissement ?”.

Si tu distribues 80 000 € de dividendes via la holding puis te les reverses immédiatement en dividendes personnels, tu subis la flat tax de toute façon. Le gain net est quasi nul et ne couvre même pas les frais de fonctionnement.

La holding devient pertinente quand tu remplis deux conditions simultanément :

  1. Tu dégages au moins 60 000 à 80 000 € de bénéfice distribuable par an (après IS et après ta rémunération de président)
  2. Tu as un projet concret pour réinvestir cette trésorerie : achat immobilier, prise de participation, création d’une nouvelle activité, placements financiers

Si tu n’as pas de projet de réinvestissement, la holding est une coquille vide qui te coûte 2 000 € par an. Le bénéfice fiscal ne se matérialise que si l’argent travaille dans la structure.

En pratique, la plupart des experts-comptables recommandent la holding à partir de 100 000 à 150 000 € de chiffre d’affaires annuel (avant charges et rémunération). Cela correspond à un TJM d’environ 500 à 700 € avec un bon taux d’occupation. Tu peux utiliser notre simulateur de revenus freelance pour estimer ton bénéfice distribuable selon ton statut.

Quelle forme juridique choisir pour ta holding ?

Tu peux créer ta holding sous plusieurs formes. Voici les options les plus courantes pour un freelance.

SASU (le choix par défaut)

La SASU offre la même flexibilité que pour ta société opérationnelle : capital social libre (1 € minimum), associé unique, pas de cotisations sociales sur les dividendes.

L’avantage majeur pour une holding : quand tu te verseras des dividendes depuis la holding vers toi en tant que personne physique, ils resteront soumis au PFU de 31,4 % sans requalification en cotisations sociales. C’est le même mécanisme que pour les dividendes de ta SASU opérationnelle.

EURL ou SARL (moins adapté)

C’est possible, mais rarement optimal. En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital social sont soumis aux cotisations TNS (environ 45 %). Ce seuil s’applique aussi quand la holding est une EURL. Pour une holding dont le capital se limite à quelques milliers d’euros, presque tous les dividendes seraient requalifiés. Pour approfondir les différences entre ces deux formes, consulte notre comparatif SASU vs EURL.

SAS (si tu veux des associés)

Pertinente si tu envisages d’intégrer des associés dans la holding (un conjoint, un investisseur, un co-fondateur). Sinon, la SASU reste plus simple à gérer.

Pour un freelance seul, la SASU est le choix le plus logique. Elle combine simplicité de gestion et optimisation fiscale sur les dividendes.

Comment créer ta holding

La création suit les mêmes étapes que celles d’une SASU classique. Si tu as déjà créé ta SASU opérationnelle, le processus te sera familier.

Rédiger les statuts

L’objet social doit mentionner la détention de participations, la gestion de portefeuille et, éventuellement, l’acquisition immobilière si tu prévois de créer une SCI par la suite.

Déposer le capital et immatriculer

Un capital de 1 € est légalement suffisant. En pratique, 1 000 à 5 000 € facilite les démarches bancaires et crédibilise la structure auprès des partenaires financiers.

Les frais incompressibles sont les mêmes que pour une SASU classique : environ 195 € (annonce légale + immatriculation + registre des bénéficiaires effectifs). Si tu veux déléguer l’ensemble des formalités, une plateforme comme LegalPlaceAvantage partenaire-15 % avec le codeLEFREELANCEchez LegalPlace prend en charge la rédaction des statuts, le dépôt de capital et l’immatriculation.

Transférer les titres de ta SASU opérationnelle

C’est l’étape structurante du montage. Tu dois transférer les actions de ta SASU vers la holding. Deux mécanismes existent :

Apport de titres (article 150-0 B ter du CGI) : tu apportes tes actions de la SASU en échange de parts dans la holding. La plus-value latente est placée en report d’imposition. C’est le mécanisme standard, car il ne déclenche aucune fiscalité immédiate.

Cession de titres : tu vends tes actions à la holding. La plus-value est imposable immédiatement. Moins favorable, sauf situation particulière.

L’apport de titres avec report d’imposition est le montage le plus courant. Il te permet de transférer la propriété sans déclencher d’impôt immédiat. Fais-toi accompagner par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste à cette étape.

Formaliser les flux : la convention de trésorerie

Dès que de l’argent circule entre la holding et ses filiales (ou une SCI), tu dois rédiger une convention de trésorerie intragroupe. Ce document encadre les conditions des prêts et avances entre les sociétés du groupe : montants, taux d’intérêt, durée, modalités de remboursement.

Sans convention écrite, l’administration fiscale peut considérer qu’un prêt de la holding à une SCI est un acte anormal de gestion, ou qu’une avance de trésorerie sans intérêts constitue une renonciation à recettes. Le taux d’intérêt doit correspondre aux conditions de marché (généralement indexé sur le taux moyen des prêts aux entreprises publié par la Banque de France).

La convention n’a pas besoin d’être enregistrée, mais elle doit être écrite, datée et conservée. Fais-la rédiger ou valider par ton expert-comptable lors de la mise en place du groupe. Le coût est modeste (quelques centaines d’euros) et c’est une protection essentielle en cas de contrôle.

Que faire de la trésorerie accumulée dans ta holding ?

La holding accumule de la trésorerie à chaque remontée de dividendes. C’est cette capacité de capitalisation qui justifie l’ensemble du montage.

Réinvestir dans ton activité ou diversifier

Tu peux utiliser la trésorerie de la holding pour :

  • Créer une nouvelle filiale (formation, SaaS, produit numérique)
  • Prendre des participations minoritaires dans d’autres sociétés
  • Financer un projet qui génère des revenus complémentaires

Les dividendes versés par ces nouvelles filiales remonteront aussi à la holding via le régime mère-fille, avec le même frottement fiscal minimal.

Le montage holding + SCI pour l’immobilier

C’est le cas d’usage le plus populaire chez les freelances expérimentés. Le schéma fonctionne en quatre temps :

  1. Ta holding crée ou acquiert une SCI (société civile immobilière) à l’IS
  2. La holding avance de la trésorerie à la SCI via un prêt en compte courant d’associé
  3. La SCI achète un bien immobilier (locatif, murs de bureau, résidence secondaire en location)
  4. Les loyers perçus par la SCI couvrent les charges et remboursent progressivement le prêt de la holding

L’avantage fiscal du montage : les loyers perçus par une SCI à l’IS sont imposés après déduction de l’amortissement du bien, des intérêts d’emprunt et de toutes les charges. Le résultat imposable est souvent très faible, voire nul, pendant les premières années d’exploitation.

Le montage holding + SCI permet de transformer du bénéfice d’activité freelance en patrimoine immobilier avec un frottement fiscal minimal. C’est le schéma patrimonial le plus utilisé par les indépendants qui facturent plus de 500 €/jour.

Placements financiers

La holding peut aussi investir en :

  • Contrats de capitalisation (l’équivalent de l’assurance-vie pour les personnes morales)
  • Comptes-titres ordinaires
  • SCPI (parts de sociétés civiles de placement immobilier)

Les plus-values et revenus de ces placements restent dans la holding et sont imposés à l’IS. Tant que tu ne distribues pas de dividendes personnels, l’impôt sur le revenu ne s’applique pas. Si tu t’intéresses à la stratégie d’épargne en tant qu’indépendant, notre guide de l’épargne freelance détaille les enveloppes personnelles complémentaires.

Vendre ta SASU : l’avantage fiscal de la niche Copé

Si tu envisages un jour de revendre ton activité, la holding offre un avantage fiscal considérable. Quand la holding cède les titres de la SASU opérationnelle (après au moins deux ans de détention), la plus-value réalisée bénéficie du régime des titres de participation, appelé “niche Copé”.

Le mécanisme : 88 % de la plus-value est exonérée d’IS. Seule une quote-part de frais et charges de 12 % est réintégrée dans le résultat imposable de la holding. Au taux normal d’IS (25 %), l’imposition effective sur la plus-value tombe à environ 3 %.

Prenons un exemple. Tu revends ta SASU pour 300 000 € via la holding. La valeur d’acquisition des titres était de 10 000 €, soit une plus-value de 290 000 €.

Montant
Plus-value brute290 000 €
QPFC imposable (12 %)34 800 €
IS sur la QPFC (25 %)8 700 €
Plus-value nette conservée dans la holding281 300 €

Sans holding, la même cession en nom propre aurait été soumise au PFU de 31,4 %, soit 91 060 € d’impôt. La différence de 82 360 € reste disponible dans la holding pour financer d’autres projets.

La niche Copé est l’un des arguments les plus puissants en faveur de la holding. Si tu penses revendre ton activité à moyen terme, la structuration via une holding peut te faire économiser des dizaines de milliers d’euros de fiscalité sur la plus-value.

Les inconvénients et pièges à connaître

La holding n’est pas un dispositif magique. Voici les réalités à intégrer avant de te lancer.

Des coûts récurrents non négligeables

Entre la comptabilité de la holding, celle de la SASU opérationnelle (que tu paies déjà) et éventuellement celle d’une SCI, le budget comptable total peut atteindre 5 000 à 8 000 € par an. Si ta holding est inactive ou génère peu de flux, ces coûts grèvent directement ta rentabilité.

Pour la comptabilité de ta holding, un cabinet en ligne comme DougsAvantage partenaire1 mois offertchez Dougs peut limiter la facture par rapport à un cabinet traditionnel.

Une complexité administrative accrue

Chaque société du groupe a ses propres obligations : déclarations fiscales, assemblées générales annuelles, dépôt des comptes au greffe, procès-verbaux. Multiplier les entités, c’est multiplier les échéances et les risques de retard.

Le risque d’abus de droit

Si ta holding n’a aucune substance économique (pas de projet de réinvestissement, pas de stratégie patrimoniale documentée), l’administration fiscale peut requalifier le montage en abus de droit. Le juge vérifie que la holding a un intérêt économique réel au-delà de l’optimisation fiscale.

Créer une holding uniquement pour “payer moins d’impôts” sans projet concret est le meilleur moyen de s’exposer à un contrôle fiscal. La holding doit avoir une raison d’être économique documentée.

Le délai de distribution

Les dividendes de ta SASU ne peuvent être distribués qu’après approbation des comptes de l’exercice. Si ta SASU clôture au 31 décembre, les dividendes ne remontent vers la holding qu’après l’assemblée générale d’approbation, soit au plus tard le 30 juin de l’année suivante. Ce décalage de plusieurs mois doit être anticipé dans ta gestion de trésorerie.

Holding et crédit immobilier : ce qui change pour toi

Si tu envisages un prêt immobilier en freelance, la holding modifie l’équation selon le type d’achat.

Pour un achat via la SCI : la trésorerie accumulée dans la holding sert d’apport via un prêt en compte courant d’associé à la SCI. Tu augmentes ta capacité d’investissement sans sortir l’argent de la sphère professionnelle. Certaines banques financent les SCI à l’IS, mais les conditions sont plus strictes que pour un particulier (taux plus élevés, apport minimum de 20 à 30 %).

Pour un achat en nom propre (résidence principale) : les revenus laissés dans la holding ne comptent pas comme revenus personnels. Les banques calculent ta capacité d’emprunt sur tes revenus déclarés en tant que personne physique, c’est-à-dire ton salaire de président et tes dividendes perçus personnellement. Si tu laisses tout dans la holding, ton revenu personnel déclaré diminue, et ta capacité d’emprunt aussi.

La stratégie optimale : verse-toi suffisamment de rémunération et de dividendes personnels pour afficher un revenu solide sur tes avis d’imposition, et réserve la holding pour l’investissement locatif via une SCI.

Checklist : la holding est-elle faite pour toi ?

La holding est un outil puissant pour les freelances en SASU qui veulent capitaliser et investir. Mais ce n’est pas un passage obligé. Avant de te lancer, vérifie ces points :

  • Tu es en SASU à l’IS avec au moins deux exercices comptables bouclés
  • Tu dégages plus de 60 000 € de bénéfice distribuable par an après rémunération
  • Tu as un projet concret de réinvestissement (immobilier, nouvelle activité, placements)
  • Tu es prêt à assumer 1 500 à 3 000 € de frais annuels supplémentaires
  • Tu as un expert-comptable qui maîtrise les montages holding

Si tu coches ces cinq cases, la holding mérite d’être étudiée sérieusement avec ton expert-comptable. Si tu n’en coches que deux ou trois, continue d’optimiser ta rémunération salaire/dividendes et tes charges déductibles. Tu y reviendras quand le moment sera le bon.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on créer une holding avec une EURL au lieu d'une SASU ? +

Oui, mais c'est fiscalement moins avantageux. En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital social sont soumis aux cotisations TNS (environ 45 %). Ce seuil s'applique aussi quand la holding est une EURL. Avec un capital de quelques milliers d'euros, presque tous les dividendes seraient requalifiés. La SASU reste le véhicule le plus adapté pour une holding de freelance.

Faut-il un avocat fiscaliste pour créer une holding ? +

Ce n'est pas obligatoire pour la création de la société elle-même (une plateforme juridique suffit). En revanche, l'apport de titres et la structuration fiscale du groupe nécessitent un accompagnement spécialisé. Un expert-comptable habitué aux montages holding ou un avocat fiscaliste peut t'éviter des erreurs coûteuses sur le report d'imposition de la plus-value.

Combien de temps faut-il pour que la holding soit rentable ? +

Si tu distribues 80 000 € de dividendes par an et que tu réinvestis via la holding, le différentiel de trésorerie (environ 24 000 € supplémentaires par an) couvre largement les frais de fonctionnement (2 000 à 3 000 €) dès la première année. La rentabilité est immédiate à condition d'avoir un projet de réinvestissement concret.

La holding protège-t-elle mon patrimoine en cas de litige client ? +

Pas directement. La responsabilité opérationnelle reste dans ta SASU. En revanche, les actifs logés dans la holding ou dans une SCI sont juridiquement séparés de l'activité opérationnelle. En cas de difficulté de la SASU, ces actifs sont protégés. C'est une forme de cloisonnement patrimonial, pas une protection absolue.

La holding est-elle intéressante pour revendre son activité freelance ? +

Oui, c'est l'un de ses principaux atouts. Via la niche Copé, la plus-value de cession des titres de la SASU (détenus depuis plus de 2 ans) est exonérée à 88 %. L'imposition effective tombe à environ 3 % au lieu de 31,4 % avec le PFU en nom propre. La trésorerie post-cession reste dans la holding pour être réinvestie.

Peut-on dissoudre la holding si le montage ne convient plus ? +

Oui. La dissolution d'une SASU coûte environ 500 à 1 500 € (frais de liquidation, annonce légale, radiation au greffe). Mais il faut d'abord retransférer les titres de la filiale vers toi en personne physique, ce qui peut déclencher l'imposition de la plus-value qui était en report. La sortie n'est pas gratuite.

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