Une voiture électrique à 46 000 € ne te donne pas forcément 46 000 € de déduction fiscale.
Si tu l’achètes avec ta SASU, ton EURL ou ton entreprise individuelle au réel, tu vas bien l’inscrire à l’actif et l’amortir. Mais pour un véhicule de tourisme, l’article 39-4 du CGI limite la part fiscalement déductible. En 2026, un véhicule électrique à zéro émission bénéficie du meilleur plafond, soit 30 000 €. Au-delà, une fraction de l’amortissement reste comptable, mais ne réduit jamais ton impôt.
Sur une voiture électrique à 46 000 €, la base fiscalement amortissable tombe donc à 30 000 €. Sauf si la batterie est facturée ou louée séparément, identifiable et inscrite à part. Dans ce cas, elle peut sortir de l’assiette plafonnée. On passe alors d’une déduction de 30 000 € à 42 000 € dans notre exemple.
Avant d’acheter, la question n’est pas seulement “est-ce que ma société peut payer la voiture ?”. La bonne question est : “quelle partie du prix va réduire mon résultat imposable ?”
Amortissement voiture électrique : combien peux-tu réellement déduire ?
Prenons un modèle réaliste pour un freelance qui roule beaucoup : une berline compacte ou un SUV électrique facturé 46 000 € TTC, batterie comprise, avec 0 g de CO2/km sur la carte grise.
La TVA sur une voiture de tourisme n’étant pas récupérable, on raisonne ici en prix TTC. C’est ce montant qui sert de base au plafonnement fiscal.
| Scénario d’achat | Prix inscrit à l’actif | Base fiscalement déductible | Amortissement déductible par an sur 5 ans | Part jamais déduite |
|---|---|---|---|---|
| Batterie incluse dans le prix global | 46 000 € | 30 000 € | 6 000 € | 16 000 € |
| Véhicule 34 000 € + batterie 12 000 € identifiée à part | 46 000 € | 42 000 € | 8 400 € | 4 000 € |
Dans le premier cas, ton entreprise comptabilise un amortissement de 9 200 € par an sur 5 ans. Fiscalement, elle ne déduit que 6 000 € par an. Les 3 200 € restants sont réintégrés dans le résultat fiscal.
Dans le second cas, le véhicule hors batterie reste plafonné à 30 000 €. La batterie de 12 000 €, elle, est amortie séparément sur sa durée normale d’utilisation. Si ton comptable retient 5 ans, cela ajoute 2 400 € de déduction annuelle.
La batterie séparée ne supprime pas le plafond du véhicule. Elle évite simplement d’y faire entrer le prix de la batterie quand les conditions sont réunies.
Le gain fiscal dépend ensuite de ton régime. En SASU ou EURL à l’IS, 12 000 € de déduction supplémentaire peuvent économiser jusqu’à 3 000 € d’impôt sur les sociétés au taux de 25 %. En EI au réel, l’effet dépend de ta tranche d’impôt sur le revenu et de tes cotisations sociales. Le mécanisme reste le même : moins de résultat imposable.
Que dit le plafond CO2 de l’article 39-4 du CGI ?
L’article 39-4 du Code général des impôts exclut des charges déductibles l’amortissement des véhicules de tourisme pour la fraction du prix qui dépasse certains plafonds. L’objectif est simple : éviter qu’une entreprise déduise sans limite une voiture particulière, même si elle l’utilise pour travailler.
Pour les véhicules acquis ou loués en 2026, le BOFiP sur les amortissements des véhicules de tourisme confirme les plafonds suivants :
| Émissions de CO2 pour un véhicule acquis ou loué en 2026 | Plafond fiscal d’amortissement |
|---|---|
| Moins de 20 g/km | 30 000 € |
| 20 à 59 g/km | 20 300 € |
| 60 à 130 g/km | 18 300 € |
| 131 g/km et plus | 9 900 € |
Une voiture 100 % électrique est généralement à 0 g/km. Elle tombe donc dans la meilleure tranche. C’est nettement mieux qu’un véhicule thermique classique, souvent plafonné à 18 300 € ou 9 900 € selon ses émissions.
Mais ce plafond reste un plafond.
Si ton véhicule coûte 46 000 € et que tout est facturé en un bloc, l’administration ne te laisse pas déduire plus de 30 000 € d’amortissement sur la durée. La différence ne disparaît pas de la comptabilité. Elle est seulement neutralisée fiscalement par une réintégration extra-comptable.
La formule à retenir
Le BOFiP donne la logique de calcul : on réintègre chaque année la fraction de la dotation correspondant au prix qui dépasse le plafond.
Part non déductible = amortissement comptable x (prix TTC - plafond) / prix TTC
Avec notre voiture à 46 000 € :
Amortissement comptable annuel : 46 000 / 5 = 9 200 €
Part non déductible : 9 200 x (46 000 - 30 000) / 46 000 = 3 200 €
Amortissement fiscalement déductible : 6 000 €
Ce calcul est mécanique. Il ne dépend pas de ton bénéfice, ni de ta trésorerie, ni de la façon dont tu finances la voiture.
Ce n’est pas parce que ta société paie 46 000 € qu’elle déduit 46 000 €. Le plafond CO2 coupe la base fiscale, pas la sortie de trésorerie.
Le prix à prendre dans le calcul
Le prix d’acquisition ne se limite pas toujours au tarif catalogue. Il faut partir du coût réellement supporté par l’entreprise : prix du véhicule, options, accessoires nécessaires, frais de mise à disposition, puis remises et aides déduites quand elles diminuent la facture.
Si une prime est avancée par le concessionnaire et apparaît en déduction sur la facture, elle réduit la base amortissable. Si une aide est versée plus tard, ton comptable doit traiter l’écriture correctement, souvent en subvention d’investissement ou en produit selon le cas. Pour toi, la question pratique reste la même : quel est le coût net immobilisé après aide ?
La première année, l’amortissement se calcule aussi au prorata de la date de mise en service. Une voiture livrée le 1er octobre ne produit pas une annuité complète sur l’exercice clos au 31 décembre.
Le bon calcul se fait sur le prix net immobilisé et la date réelle de mise en service, pas sur le prix affiché dans une publicité.
Neuf, occasion ou utilitaire : le détail qui change tout
Le plafond s’applique aux voitures de tourisme, pas à tous les véhicules qui roulent à l’électricité. Le premier réflexe consiste donc à vérifier la catégorie du véhicule, pas seulement sa motorisation.
Sur une voiture particulière électrique, regarde la rubrique V.7 de la carte grise ou les documents techniques du constructeur. C’est le taux de CO2 du modèle qui fixe le plafond applicable, et il ne se recalcule pas chaque année selon ton usage réel. Une voiture électrique à 0 g/km reste donc dans la tranche des moins de 20 g/km.
Le véhicule d’occasion suit la même logique. Si l’entreprise l’achète en 2026 et qu’il s’agit d’une voiture de tourisme, le plafonnement s’applique selon ses émissions et son prix d’acquisition. Le fait qu’il soit d’occasion ne permet pas de déduire sans limite.
Un utilitaire électrique, lui, peut sortir du sujet. S’il n’est pas classé comme véhicule de tourisme, le plafond de l’article 39-4 ne s’applique pas de la même manière et la TVA peut devenir récupérable. Pour un freelance qui transporte surtout un ordinateur portable, ce n’est pas toujours cohérent avec l’usage. Mais si ton activité impose du matériel, des stands, des échantillons ou des livraisons, la question mérite d’être posée avant de choisir un modèle.
Électrique ne veut pas dire “sans plafond”. C’est la catégorie du véhicule qui ouvre ou ferme le plafonnement.
Batterie à part : le point qui change le calcul
La batterie est le cœur du sujet, parce qu’elle représente souvent une grosse partie du prix d’une voiture électrique. Et surtout, elle a un traitement fiscal spécifique quand elle est identifiable séparément.
Le rescrit BOFiP BOI-RES-000059 est clair : les accumulateurs nécessaires au fonctionnement des véhicules électriques ne sont pas pris en compte pour l’application du plafond de l’article 39-4 lorsqu’ils remplissent trois conditions.
- Ils font l’objet d’une facturation séparée ou d’une mention distincte permettant de les identifier lors de l’acquisition.
- Ils sont inscrits distinctement à l’actif.
- Ils sont amortis de façon autonome.
Si la batterie est louée, le même raisonnement s’applique : le coût de location n’entre pas dans le plafond si la location fait l’objet d’une facturation séparée ou d’une mention distincte permettant d’identifier l’équipement.
Cas 1 : la batterie est incluse dans le prix global
C’est le cas le plus fréquent aujourd’hui. Le bon de commande indique une voiture électrique à 46 000 €, sans prix distinct pour la batterie.
Dans ce cas, on ne peut pas inventer une ventilation après coup. La batterie est noyée dans le prix du véhicule. Le plafond de 30 000 € s’applique au prix total.
Résultat :
| Élément | Montant |
|---|---|
| Prix TTC du véhicule | 46 000 € |
| Plafond fiscal | 30 000 € |
| Amortissement comptable annuel | 9 200 € |
| Amortissement fiscal annuel | 6 000 € |
| Réintégration annuelle | 3 200 € |
| Réintégration totale sur 5 ans | 16 000 € |
La voiture reste intéressante si tu l’utilises beaucoup pour ton activité. Mais tu dois intégrer ce trou de 16 000 € dans ta simulation.
Cas 2 : la batterie est facturée ou mentionnée séparément
Deuxième scénario : le concessionnaire distingue clairement le véhicule et la batterie.
Véhicule électrique : 34 000 €
Batterie : 12 000 €
Total TTC : 46 000 €
Le véhicule reste soumis au plafond de 30 000 €. Comme son prix hors batterie est de 34 000 €, seuls 4 000 € restent non déductibles.
La batterie, elle, est inscrite séparément à l’actif et amortie de façon autonome. Dans notre exemple, on retient 5 ans, soit 2 400 € par an.
| Élément | Déduction annuelle | Déduction totale |
|---|---|---|
| Véhicule plafonné à 30 000 € | 6 000 € | 30 000 € |
| Batterie à part de 12 000 € | 2 400 € | 12 000 € |
| Total déductible | 8 400 € | 42 000 € |
La différence est massive. Même voiture, même prix, même usage. Mais une facture mieux structurée peut transformer 12 000 € de prix batterie en amortissement fiscalement utile.
Ce que l’amortissement par composants ne fait pas
Il faut éviter une confusion. L’amortissement séparé de la batterie au regard du plafond CO2 n’est pas la même chose que l’amortissement par composants.
L’article 15 bis de l’annexe II au CGI impose une comptabilisation par composants quand un élément principal d’une immobilisation a une durée réelle d’utilisation différente et doit être remplacé pendant la durée de vie de l’ensemble. Chaque composant a alors son propre plan d’amortissement.
Cette logique sert à refléter l’usure économique. Par exemple, sur un immeuble, la toiture, les ascenseurs et la structure ne s’usent pas au même rythme.
Pour la batterie, le raisonnement peut exister comptablement si elle est identifiable et significative. Mais il ne suffit pas, à lui seul, à sortir la batterie du plafond fiscal. Le point décisif pour l’article 39-4 reste celui du BOFiP : facturation séparée ou mention distincte, inscription distincte à l’actif, amortissement autonome.
L’amortissement par composants répond à une question comptable. La sortie de la batterie du plafond répond à une question fiscale. Ne mélange pas les deux devant ton comptable.
En pratique, demande deux choses avant de signer :
- une ligne distincte pour la batterie sur le bon de commande ou la facture ;
- la confirmation écrite de ton comptable qu’il acceptera une immobilisation séparée de la batterie.
Sans ces deux éléments, pars du principe prudent que tout entre dans le plafond.
Société, EI au réel, micro : qui peut utiliser ce mécanisme ?
Le plafonnement des véhicules de tourisme concerne les entreprises qui déduisent des amortissements. Autrement dit, il intéresse surtout les freelances au régime réel.
| Statut | Amortissement possible ? | Plafond véhicule de tourisme ? | Batterie à part utile ? |
|---|---|---|---|
| SASU à l’IS | Oui | Oui | Oui |
| EURL à l’IS | Oui | Oui | Oui |
| EURL ou SASU à l’IR | Oui, au niveau du résultat imposé à l’associé | Oui | Oui |
| EI au réel | Oui | Oui | Oui |
| Micro-entreprise | Non | Non applicable | Non |
Société à l’IS : SASU ou EURL
En société à l’IS, la voiture appartient à la société. Elle est inscrite à l’actif, amortie, assurée par la société et suivie dans la comptabilité. L’amortissement déductible réduit le résultat imposable à l’IS.
Si tu utilises aussi le véhicule à titre personnel, il faut traiter cet usage privé. En SASU, cela passe généralement par un avantage en nature de dirigeant assimilé salarié. En EURL à l’IS, le traitement dépend de ta situation de gérant et de la méthode retenue par ton comptable.
Ce point rejoint directement ta rémunération. Si tu es en SASU et que tu arbitres déjà entre salaire, dividendes et frais professionnels, notre guide se payer en SASU pose le cadre général.
L’avantage en nature ne corrige pas le plafond d’amortissement. Ce sont deux calculs séparés : d’un côté, la société limite la déduction fiscale du véhicule ; de l’autre, elle évalue l’avantage que tu reçois si tu peux utiliser la voiture pour des trajets personnels.
Pour une voiture électrique, le régime social de l’avantage en nature est plus favorable que pour un thermique jusqu’au 31 décembre 2027, sous conditions. L’électricité prise en charge par l’employeur pour la recharge peut notamment être exclue du calcul de l’avantage en nature. C’est intéressant, mais ça ne transforme pas une voiture personnelle en voiture professionnelle, et ça ne rend pas déductible la part du prix qui dépasse le plafond.
Dans une société, l’arbitrage se fait avec deux colonnes : économie d’IS d’un côté, avantage en nature de l’autre.
Entreprise individuelle au réel
En entreprise individuelle au réel, tu peux inscrire la voiture au registre des immobilisations. Tu déduis alors les amortissements et les frais réels selon la quote-part professionnelle.
Si tu utilises la voiture à 70 % pour l’activité et 30 % pour le privé, la déduction doit suivre cette réalité. L’amortissement ne devient pas professionnel à 100 % par magie parce que la voiture est inscrite au registre.
La méthode demande donc un suivi propre : agenda de déplacements, kilométrage pro, kilomètres totaux, justificatifs. Si ta compta est encore fragile, commence par remettre en ordre les bases avec le guide de comptabilité freelance.
Micro-entreprise
En micro-entreprise, la question ne se pose pas. Tu ne déduis pas tes frais réels. Tu n’amortis pas une voiture. Tu ne récupères pas la TVA sur l’achat tant que tu es en franchise.
Tu peux utiliser une voiture électrique pour tes missions, bien sûr. Mais fiscalement, tu passes par l’abattement forfaitaire du régime micro, et éventuellement par les indemnités kilométriques seulement dans certains cas de remboursement ou de frais, selon ton cadre exact. Tu ne crées pas de tableau d’amortissement.
Si ton raisonnement repose sur “je vais acheter une voiture pour baisser mes impôts”, la micro-entreprise n’est pas le bon régime pour ce montage.
Achat à l’actif ou indemnités kilométriques : quelle option gagne ?
Beaucoup de freelances connaissent déjà l’autre option : garder la voiture dans le patrimoine privé et déduire les déplacements professionnels via le barème kilométrique. Si tu veux reprendre le cadre général avant de trancher, le guide des charges déductibles en freelance détaille la logique frais réels, justificatifs et IK.
Le barème kilométrique officiel couvre notamment la dépréciation du véhicule, l’entretien, l’assurance, les pneus et l’énergie. Pour un véhicule 100 % électrique, le montant calculé est majoré de 20 %.
Prenons une voiture électrique de 6 CV fiscaux. Pour 12 000 km professionnels dans l’année, le barème électrique donne 7 136 €, soit 12 000 x 0,449 + 1 748. Si tu roules 20 000 km professionnels, on arrive à 10 728 €.
Ces montants sont souvent très compétitifs, surtout si tu possèdes déjà la voiture ou si tu l’achètes personnellement avec un financement raisonnable.
Le repère pratique
L’inscription à l’actif devient plus intéressante quand plusieurs conditions se cumulent :
- tu utilises la voiture majoritairement pour l’activité ;
- tu roules beaucoup, souvent au-delà de 15 000 à 20 000 km professionnels par an ;
- la société prend en charge l’assurance, l’entretien, la recharge, les pneus et le financement ;
- tu peux sortir la batterie du plafond ou acheter un modèle dont le prix reste proche de 30 000 € ;
- tu acceptes le traitement de l’usage privé et la gestion à la revente.
À l’inverse, les indemnités kilométriques restent souvent plus simples si tu fais surtout des trajets ponctuels chez des clients, si tu travailles à domicile la plupart du temps, ou si la voiture sert beaucoup à ta vie personnelle.
| Situation | Option souvent la plus simple |
|---|---|
| Moins de 8 000 km pro par an | Voiture privée + IK |
| 8 000 à 15 000 km pro par an | Simulation obligatoire |
| Plus de 15 000 km pro par an, usage très majoritairement pro | Actif à étudier sérieusement |
| Véhicule cher sans batterie distincte | IK souvent plus défendable |
| Véhicule proche de 30 000 € ou batterie distincte | Actif plus intéressant |
Ce n’est pas une règle absolue. C’est un filtre de décision. Le bon calcul compare le coût complet sur 4 ou 5 ans, pas seulement l’économie d’impôt de la première année.
LLD, LOA et leasing : on ne parle plus d’amortissement
Sur l’électrique, beaucoup de freelances ne paient pas comptant. Ils passent par une LLD, une LOA ou un crédit-bail.
Dans ce cas, tu ne pratiques pas l’amortissement du véhicule si tu n’en es pas propriétaire. Tu déduis des loyers. Mais l’article 39-4 rattrape quand même le montage : la part du loyer correspondant à l’amortissement pratiqué par le bailleur sur la fraction du prix dépassant le plafond n’est pas déductible.
Le BOFiP vise explicitement les opérations de crédit-bail et de location de voitures particulières, sauf les locations courtes de moins de trois mois non renouvelables.
Exemple avec une LLD
Tu signes une LLD sur une voiture électrique dont le prix de référence est de 46 000 €, sans batterie distincte. Le bailleur calcule ses loyers sur cette valeur. Fiscalement, la partie des loyers correspondant au prix au-delà de 30 000 € doit être réintégrée.
Le raisonnement devient moins visible que pour un achat, parce que tu n’as pas toi-même le tableau d’amortissement du bailleur. Mais le plafond existe quand même.
Avant de signer une LLD ou une LOA, demande :
- le prix de référence TTC du véhicule ;
- la ventilation éventuelle de la batterie ;
- le montant des amortissements non déductibles communiqué par le loueur ;
- le traitement prévu des frais de remise en état, du premier loyer majoré et des options.
Le leasing ne fait pas disparaître le plafond. Il le transforme en fraction de loyer non déductible.
La location peut rester pertinente pour la trésorerie, la garantie, la simplicité et le renouvellement du véhicule. Mais fiscalement, elle ne contourne pas le plafond des voitures de tourisme.
TVA, taxes annuelles et recharge : les autres règles à connaître
L’amortissement ne suffit pas à décider. Une voiture électrique professionnelle touche aussi la TVA, les taxes annuelles et la recharge à domicile.
TVA sur l’achat du véhicule
Pour une voiture de tourisme, la TVA sur l’achat ou la location n’est généralement pas récupérable. Le BOFiP sur les exclusions du droit à déduction rappelle que la TVA sur les véhicules non utilitaires conçus pour le transport de personnes est exclue.
Conséquence pratique : pour ton amortissement, on raisonne en TTC. Une voiture à 46 000 € TTC n’est pas une immobilisation de 38 333 € HT avec 7 667 € de TVA récupérable. Pour une voiture de tourisme classique, c’est 46 000 € dans la base comptable. Si tu veux reprendre les bases avant de distinguer TVA collectée, TVA déductible et franchise, le guide TVA freelance 2026 pose le cadre.
Les utilitaires électriques suivent une autre logique. S’ils ne sont pas des véhicules de tourisme, ils peuvent ouvrir droit à récupération de TVA et ne subissent pas le même plafond d’amortissement. Mais on sort alors du cas du freelance qui achète une voiture particulière.
TVA sur l’électricité de recharge
L’électricité est mieux traitée que le véhicule. La TVA sur l’électricité utilisée pour l’activité peut être récupérable si ton entreprise est elle-même redevable de la TVA et si tu as des justificatifs.
À domicile, le sujet devient vite pratique : compteur personnel, recharge privée, recharge professionnelle, abonnement global. Il faut une méthode de ventilation défendable. Le guide sur la borne de recharge à domicile en freelance détaille ce point sans refaire ici tout le dossier.
Taxes annuelles ex-TVS
La TVS a été remplacée par les taxes annuelles sur l’affectation des véhicules à des fins économiques. Elles comprennent notamment une taxe annuelle sur les émissions de CO2 et une taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques, comme le rappelle economie.gouv.fr.
Premier repère : une entreprise individuelle en nom propre est exonérée de ces taxes. Le sujet concerne donc surtout les sociétés qui détiennent, louent ou prennent en charge un véhicule de tourisme affecté à leur activité.
Pour un véhicule 100 % électrique, le traitement est favorable. Le Code des impositions sur les biens et services exonère de la taxe CO2 les véhicules dont la source d’énergie est exclusivement l’électricité, l’hydrogène ou une combinaison des deux. En 2026, le barème CO2 commence à taxer au-delà de 4 g/km, ce qui laisse une voiture électrique à 0 g/km hors taxe CO2.
Pour la taxe sur les polluants atmosphériques, les véhicules exclusivement électriques relèvent de la catégorie E, avec un tarif nul dans la pratique.
Il existe aussi une taxe annuelle incitative au verdissement des flottes. Elle vise les entreprises ayant une flotte d’au moins 100 véhicules et un objectif d’intégration de véhicules à faibles émissions, avec un tarif de 4 000 € en 2026. Pour un freelance solo avec une voiture, ce n’est généralement pas ton sujet.
Que se passe-t-il à la revente ?
La revente est le point que l’on oublie facilement au moment de l’achat.
Quand le véhicule est inscrit à l’actif, sa vente sort du patrimoine professionnel. On compare le prix de vente à la valeur nette comptable pour calculer une plus-value ou une moins-value professionnelle.
Exemple simple avec notre voiture à 46 000 €, batterie incluse, amortie comptablement sur 5 ans.
Après 3 ans :
Amortissement comptable pratiqué : 9 200 x 3 = 27 600 €
Valeur nette comptable : 46 000 - 27 600 = 18 400 €
Prix de revente : 25 000 €
Plus-value comptable : 6 600 €
Cette plus-value entre dans le résultat professionnel, selon les règles applicables à ton statut.
Mais il y a une précision importante : l’article 39-4 prévoit que la fraction d’amortissement non déductible à cause du plafond est néanmoins retenue pour déterminer la plus-value ou moins-value à la revente. Autrement dit, les amortissements non déduits fiscalement ne restent pas ignorés pour toujours. Ils jouent dans le calcul de sortie.
Cela ne veut pas dire que tu récupères magiquement les 16 000 € non déduits. Cela veut dire que le calcul de plus-value tient compte des amortissements pratiqués, y compris ceux qui avaient été réintégrés fiscalement.
Acheter à l’actif, c’est aussi accepter une sortie d’actif. La fiscalité ne s’arrête pas le jour où tu signes la facture.
En EI au réel, vérifie aussi les régimes d’exonération possibles des plus-values professionnelles selon ton chiffre d’affaires et la durée d’activité. En société à l’IS, la plus-value ou moins-value rejoint le résultat imposable de la société.
La checklist avant d’acheter
Avant de signer le bon de commande, prends 30 minutes pour sécuriser le dossier. C’est moins coûteux que de découvrir le problème une fois la facture émise.
À demander au concessionnaire
- Le taux de CO2 indiqué pour le véhicule, idéalement 0 g/km et cohérent avec la carte grise.
- Une facture ou un bon de commande qui distingue le prix de la batterie si le constructeur ou le distributeur peut le faire.
- En leasing, le prix de référence TTC du véhicule et la part d’amortissement non déductible.
- En location de batterie, une facture ou une ligne séparée pour la location de batterie.
- Le détail des options, frais de mise à disposition et accessoires.
À vérifier sur le bon de commande
- Le nom exact de l’acheteur : société, entreprise individuelle ou toi à titre personnel.
- La catégorie du véhicule : voiture particulière ou utilitaire.
- Le prix TTC total, puisque la TVA du véhicule de tourisme n’est généralement pas récupérable.
- L’existence d’une ligne distincte “batterie” si tu veux défendre son amortissement séparé.
- La date de livraison et de mise en service, qui déclenche le prorata d’amortissement la première année.
À poser au comptable
- Peux-tu inscrire la voiture à l’actif au vu de ton usage professionnel réel ?
- Quelle durée d’amortissement retenir pour le véhicule et pour la batterie ?
- La batterie est-elle suffisamment identifiée pour être inscrite séparément ?
- Quelle quote-part privée faut-il réintégrer ?
- Les indemnités kilométriques seraient-elles plus favorables sur 5 ans ?
- Que se passera-t-il à la revente ou en cas de rachat à titre personnel ?
Si ton comptable répond seulement “oui, on amortit sur 5 ans”, insiste. Le dossier reste incomplet tant que le plafond CO2, la batterie, l’usage privé et la sortie d’actif ne sont pas traités.
Conclusion : achète avec le tableau sous les yeux
L’amortissement voiture électrique peut être très intéressant pour un freelance au réel, surtout en SASU, en EURL ou en EI avec beaucoup de kilomètres professionnels. Le plafond de 30 000 € reste plus favorable que celui des véhicules thermiques, et l’électricité bénéficie d’un traitement souvent avantageux.
Mais une voiture chère ne devient pas une charge magique. Sur 46 000 €, tu peux ne déduire que 30 000 € si la batterie est incluse dans le prix global. Avec une batterie de 12 000 € correctement identifiée, inscrite et amortie à part, la base utile peut monter à 42 000 €.
La décision se prend donc avant l’achat.
Fais trois simulations : achat à l’actif, leasing, voiture privée avec indemnités kilométriques majorées électrique. Puis arrive chez ton comptable avec le bon de commande, la ventilation de la batterie et ton kilométrage professionnel estimé. Là, on ne discute plus dans le flou. On arbitre avec des chiffres.
Questions fréquentes
Peut-on amortir une voiture électrique sans plafond ? +
Non, pas si c'est une voiture de tourisme. En 2026, une voiture électrique émettant moins de 20 g de CO2/km bénéficie du plafond le plus favorable, 30 000 €, mais ce plafond existe quand même. Les véhicules utilitaires suivent une autre logique.
La batterie compte-t-elle dans le plafond d'amortissement ? +
Oui si elle est incluse dans le prix global du véhicule. Non si elle est facturée séparément ou mentionnée distinctement, inscrite séparément à l'actif et amortie de façon autonome, conformément au rescrit BOFiP sur les accumulateurs.
Faut-il acheter ou louer la batterie ? +
Fiscalement, les deux peuvent fonctionner si la batterie est identifiée séparément. L'achat permet un amortissement autonome. La location permet de sortir le loyer de batterie du plafond, à condition qu'il soit facturé séparément. Le choix dépend aussi de la garantie, du coût total et de la revente.
La micro-entreprise est-elle concernée ? +
Non. En micro-entreprise, tu ne déduis pas tes frais réels et tu ne pratiques pas d'amortissement. Le sujet concerne les sociétés, comme l'EURL ou la SASU, et l'entreprise individuelle au régime réel.
Que devient l'amortissement à la revente ? +
La vente du véhicule inscrit à l'actif déclenche une sortie d'actif. On compare le prix de vente à la valeur nette comptable pour calculer une plus-value ou une moins-value professionnelle. Les amortissements non déduits à cause du plafond sont pris en compte pour déterminer cette plus-value ou moins-value.
L'électrique est-il mieux traité que le thermique ? +
Oui, généralement. Le plafond d'amortissement est de 30 000 € pour une voiture électrique contre 18 300 € ou 9 900 € pour beaucoup de véhicules thermiques. Les indemnités kilométriques sont aussi majorées de 20 %. En revanche, la TVA sur une voiture de tourisme reste en principe non récupérable.
Un utilitaire électrique est-il plafonné comme une voiture électrique ? +
Pas nécessairement. Le plafond de l'article 39-4 vise les véhicules de tourisme. Un utilitaire électrique qui n'entre pas dans cette catégorie peut échapper au plafonnement et ouvrir droit à récupération de TVA. Il faut vérifier la catégorie d'immatriculation et l'usage réel avec ton comptable avant d'acheter.
Poursuis ta lecture
Borne de recharge à domicile : ton entreprise peut-elle la payer en freelance ?
17 juillet 2026 · 14 min
Charges déductibles en freelance : le guide pratique pour payer moins d'impôts (2026)
13 avril 2026 · 16 min
Entreprise individuelle au réel : l'alternative à l'EURL et la SASU pour freelances (guide 2026)
25 juillet 2026 · 23 min