Expert-comptable freelance : est-il obligatoire et combien coûte-t-il en 2026 ?
Expert-comptable, logiciel ou comptabilité maison ? Compare les obligations, les tarifs 2026 et le temps gagné selon ton statut de freelance.
Expert-comptable, logiciel ou comptabilité maison ? Compare les obligations, les tarifs 2026 et le temps gagné selon ton statut de freelance.
Tu as peur de payer un expert-comptable freelance pour des tâches que tu pourrais faire seul, ou de t’en passer et de découvrir une erreur fiscale trop tard ? C’est normal. Le passage de la micro-entreprise au réel, à l’EURL ou à la SASU transforme une routine légère en calendrier de TVA, de clôture et de déclarations.
On va donc répondre à une question plus utile que « faut-il un comptable ? ». On va regarder ce qui est obligatoire, ce que chaque formule couvre réellement et combien d’heures elle doit te rendre pour devenir rentable. Tu pourras choisir entre logiciel, cabinet en ligne et cabinet local avec les mêmes critères.
La réponse courte est non. Un freelance peut tenir lui-même sa comptabilité, y compris en EI au réel, en EURL ou en SASU. La loi impose des obligations comptables et fiscales à l’entreprise, pas d’en confier l’exécution à un expert-comptable.
Une nuance compte. Si tu externalises la tenue ou la révision de ta comptabilité, vérifie qu’il s’agit d’un expert-comptable inscrit au tableau de l’Ordre. Service Public le rappelle pour l’entrepreneur individuel au réel : il peut tenir sa comptabilité, mais doit s’adresser à un professionnel inscrit lorsqu’il la confie.
L’obligation porte sur une comptabilité conforme, pas sur l’achat d’un forfait comptable.
| Statut ou régime | Expert-comptable obligatoire ? | Niveau de recommandation |
|---|---|---|
| Micro-entreprise | Non | Facultatif |
| EI au réel BNC | Non | Recommandé |
| EI au réel BIC | Non | Fortement recommandé |
| EURL | Non | Fortement recommandé |
| SASU | Non | Fortement recommandé |
En micro-entreprise, un logiciel de facturation et un rapprochement bancaire régulier suffisent généralement. Un rendez-vous ponctuel devient utile avant un dépassement de seuil ou un passage de la micro au régime réel.
Un développeur en BNC facture 95 000 € et supporte 22 000 € de frais. Il doit suivre ses recettes, ses dépenses et ses immobilisations, puis produire sa déclaration 2035, plus la TVA s’il la collecte.
Un logiciel adapté suffit, à condition de savoir distinguer une charge d’une immobilisation et contrôler la liasse. Le cabinet devient recommandé s’il ne veut pas y consacrer plusieurs heures par mois, ou s’il a des clients étrangers et des investissements.
L’EURL et la SASU doivent établir des comptes annuels et une liasse fiscale, puis organiser leur approbation. Service Public précise que l’approbation et le dépôt des comptes restent obligatoires. Le gérant d’EURL suit en plus ses cotisations de travailleur non salarié. Un président de SASU rémunéré ajoute des bulletins et des déclarations sociales.
Je suis en EURL depuis le lancement de mon activité freelance en 2012. Même avec cette expérience, je préfère faire contrôler les arbitrages sociaux et fiscaux plutôt que de traiter la clôture comme une simple formalité. Le guide Créer son EURL en 2026 replace ces obligations dans l’ensemble du statut.
Même avec peu de factures, certains événements font monter le risque :
Délègue quand la complexité change, pas seulement quand le chiffre d’affaires augmente.
Les honoraires ne suivent pas un barème national. L’article 158 du code de déontologie prévoit qu’ils sont fixés librement selon les diligences, la difficulté et la notoriété du professionnel.
Une étude de prix publics réalisée en août 2026 sur 23 cabinets en ligne trouve un tarif d’entrée médian de 59 € HT par mois, avec des offres affichées de 17,99 € à 119 € HT par mois. Ces prix d’appel ne couvrent pas toujours le juridique ni la paie.
Fourchettes indicatives observées en 2026 :
| Prestation | Budget indicatif HT | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Logiciel en autonomie | 0 à 50 € par mois | Liasse comprise ou simple aide au remplissage |
| Cabinet en ligne, activité simple | 50 à 120 € par mois | Bilan, liasse et TVA réellement inclus |
| Cabinet local, dossier freelance | 100 à 250 € par mois | Fréquence des échanges et niveau de conseil |
| Bilan et liasse seuls | 600 à 1 500 € par an | Qualité des écritures remises par le client |
| Juridique annuel de société | 150 à 400 € par an | PV, affectation du résultat et dépôt des comptes |
| Bulletin de paie et déclarations | 20 à 50 € par bulletin | Entrée, sortie et DSN facturées à part ou non |
| Conseil ponctuel | 80 à 250 € de l’heure | Temps inclus dans le forfait annuel |
Demande deux ou trois devis sur un même scénario et compare leur total annuel. Pour une SASU soumise à la TVA avec un président rémunéré chaque mois :
Tenue, bilan et liasse 1 188 € HT/an
12 bulletins à 30 € 360 € HT/an
Juridique annuel 240 € HT/an
Dépôt des comptes et débours 60 € HT/an
Total 1 848 € HT/an
Le même prix mensuel produit un total différent si le bilan est facturé en treizième mensualité. Au régime réel, ces honoraires sont généralement une charge déductible, ce qui diminue le résultat imposable sans rendre la dépense gratuite.
Un forfait à 79 € peut coûter plus cher qu’un forfait à 120 € si la paie, le juridique et les questions sont hors mission.
On ne compare pas trois prix. On compare trois répartitions du travail et de la responsabilité.
Le logiciel importe les flux, propose des catégories et prépare les déclarations. Tu restes responsable des données saisies, des choix comptables et des dépôts. Cette option convient à une micro-entreprise ou à une EI BNC simple si tu aimes contrôler tes chiffres. Elle devient risquée quand les opérations sortent du cadre prévu par le produit, et elle n’apporte ni conseil ni responsabilité professionnelle.
Le cabinet en ligne combine automatisation et intervention humaine. Pour une activité de conseil avec peu de factures, il offre souvent le meilleur rapport entre prix et délégation. La limite apparaît quand la formule change souvent de collaborateur ou réserve le conseil à une option.
Si tu souhaites déléguer une activité simple avec un accompagnement humain, Dougs1 mois offert affiche en septembre 2026 des offres pour professions libérales à partir de 49 € HT par mois et pour sociétés ou activités soumises à TVA à partir de 79 € HT par mois. Le comptable dédié est réservé à une offre affichée à partir de 129 € HT par mois. Le périmètre exact dépend du pack choisi.
Le cabinet local coûte souvent davantage, mais facilite un rendez-vous long, un projet patrimonial ou une situation atypique. Sa valeur dépend de la personne réellement affectée au dossier. Demande à rencontrer le collaborateur qui suivra tes opérations : un rendez-vous commercial avec l’associé ne garantit rien après la signature.
Choisis un mode de collaboration, puis un cabinet. L’ordre inverse pousse à comparer des offres qui ne rendent pas le même service.
La lettre de mission définit les droits et obligations des deux parties. L’article 151 du code de déontologie impose ce cadre écrit. Lis-la comme un devis et comme un contrat de sortie.
Recherche d’abord le professionnel dans l’annuaire officiel de l’Ordre : un logo sur un site ne prouve pas le droit d’utiliser le titre. Demande ensuite qui supervisera ton dossier. En cas de doute sur l’assurance en responsabilité civile, l’article 137 du décret professionnel permet de demander au conseil régional le nom de l’assureur.
Vérifie noir sur blanc qui saisit les opérations, si le bilan et la liasse sont inclus, qui télétransmet la TVA, la CFE et la déclaration de résultat, combien de bulletins sont compris et si le FEC reste exportable. Le terme « accompagnement » ne décrit aucun livrable : fais préciser le nombre de rendez-vous et la qualification de l’interlocuteur.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir leurs factures électroniques. Demande qui configure la plateforme agréée, traite les rejets et conserve les données si tu quittes le cabinet.
Demande enfin un délai de réponse habituel et un canal d’urgence avant une échéance, puis teste-les avec une question précise sur ton statut. Note aussi la date limite de transmission des pièces.
La lettre doit indiquer le forfait, sa révision et les suppléments : reprise de l’historique, bilan inclus ou non, coût d’un bulletin ou d’une déclaration corrective, débours de dépôt, indemnité de résiliation et préavis.
Tout ce qui compte après la signature doit être lisible avant la signature.
Valorise une heure de gestion au montant que ton activité produit réellement, puis compare le temps libéré au coût annuel du cabinet.
Seuil d'heures rentables = coût annuel HT du cabinet / valeur d'une heure productive HT
Prenons un freelance qui facture 600 € par jour et estime pouvoir vendre 6 heures utiles par journée. Une heure productive vaut 100 € HT. Son cabinet coûte 1 800 € HT par an.
1 800 € / 100 € = 18 heures par an
Si la délégation lui rend plus de 18 heures facturables dans l’année, soit 1 h 30 par mois, le coût est compensé par le chiffre d’affaires potentiel.
Reste prudent. Une heure libérée n’est rentable que si tu peux la facturer. Si ton carnet est vide, remplace le TJM par ton revenu net cible divisé par tes heures annuelles. Ajoute enfin la valeur du risque évité : un bon arbitrage peut justifier la dépense sans générer une heure facturable.
Commence par écrire tes obligations sur une page : TVA, liasse, paie et juridique annuel. Estime ensuite le nombre d’heures que tu consacres réellement à la comptabilité freelance, corrections comprises.
Demande deux devis construits sur le même périmètre. Compare leur coût annuel complet, leur délai de réponse et leurs conditions de sortie, puis applique le calcul du seuil d’heures. Si le cabinet te rend plus de temps productif qu’il n’en coûte, ou sécurise une complexité que tu ne maîtrises pas, déléguer devient rationnel.
Un expert-comptable freelance n’est pas obligatoire. Il devient utile quand ton temps, ton risque fiscal ou tes décisions valent davantage que ses honoraires.
Oui, rien ne l'interdit si le calendrier est préparé. Relis le préavis de la lettre de mission, signe avec le successeur avant la bascule et attribue par écrit chaque échéance en cours. Demande au cabinet sortant le FEC, la balance, les liasses et le dossier des immobilisations.
Sépare les sommes reconnues de celles que tu contestes et documente le désaccord par écrit, sinon la transmission du dossier ralentit. Si la situation se bloque, le conseil régional de l'Ordre peut intervenir dans une conciliation.
Non. L'administration applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires et aucune dépense réelle n'est déduite. Au régime réel, ils sont généralement déductibles du résultat, avec une TVA récupérable lorsque les conditions sont remplies.
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