Ajouter une activité secondaire en micro-entreprise est souvent le premier signe que ton activité freelance devient plus mature.
Au début, tu vends une prestation claire : développement, design, rédaction, conseil, coaching, gestion de projet. Puis les opportunités arrivent. Un client te demande une formation. Ton audience veut acheter un template. Un ancien prospect préfère un audit court plutôt qu’une mission longue. Tu sens que la diversification peut t’aider à mieux respirer.
La question n’est pas seulement commerciale. Elle devient administrative : faut-il déclarer cette nouvelle activité ? Est-ce que ton code APE change ? Quel seuil micro surveiller ? Est-ce que les cotisations restent les mêmes ? On va dérouler ça étape par étape, avec les règles 2026 et des exemples de freelance solo.
Une micro-entreprise peut exercer plusieurs activités. Le piège, c’est de continuer à tout déclarer comme si rien n’avait changé.
Étape 1 : vérifier si ta nouvelle offre est une activité secondaire
Une activité secondaire, c’est une activité distincte que tu ajoutes à ton activité principale dans la même entreprise. Service-public rappelle qu’une micro-entreprise peut avoir une activité principale et une ou plusieurs activités secondaires, parfois appelées activité mixte quand les natures d’activité diffèrent.
La nuance est importante. Tu n’as pas besoin de déclarer chaque variante commerciale de ton offre. En revanche, tu dois réagir quand la nature économique de ce que tu vends change.
Ce qui ressemble à une simple extension
Si tu es développeur freelance et que tu ajoutes une prestation d’audit technique, on reste généralement dans la même famille : prestation intellectuelle, conseil, service BNC ou BIC selon ton classement initial.
Même logique si tu es designer et que tu ajoutes un atelier de cadrage avant une refonte d’identité visuelle. Tu changes ton offre, pas forcément ton activité administrative.
Dans mes premières années, j’ai ajouté des missions d’expertise, de support et de formation autour de mes compétences IT. Sur le terrain, c’était très différent. Administrativement, il fallait surtout vérifier si je restais dans une prestation de services cohérente avec mon activité principale.
Ce qui devient une activité secondaire
La déclaration devient pertinente quand tu ajoutes une activité avec une nature différente, un modèle de revenus différent, ou une catégorie fiscale différente.
Exemples fréquents :
- Un consultant B2B vend une formation en ligne à des indépendants.
- Un développeur vend un template, un plugin ou un starter kit.
- Un rédacteur ajoute du coaching éditorial individuel.
- Une designer vend des produits digitaux ou des ressources graphiques.
- Un freelance fait de l’affiliation régulière en plus de ses missions clients.
- Un formateur organise des ateliers payants avec inscription individuelle.
Dans ces cas, on ne parle plus seulement d’une nouvelle page sur ton site. On parle d’une nouvelle source de chiffre d’affaires à qualifier correctement.
Dès que tu encaisses une activité nouvelle de manière répétée, traite-la comme une activité à déclarer et à suivre séparément.
Le bon test à faire
Pose-toi quatre questions :
- Est-ce que je vends la même chose qu’avant ?
- Est-ce que mes clients achètent le même type de livrable ?
- Est-ce que la catégorie de revenus reste identique ?
- Est-ce que cette activité peut devenir significative dans mon chiffre d’affaires ?
Si tu réponds non à une ou deux questions, prends le temps de vérifier la formalité. C’est moins lourd que de corriger plusieurs mois de déclarations mal ventilées.
Étape 2 : ne pas confondre activité secondaire, activité mixte et nouvelle entreprise
Le vocabulaire crée beaucoup de confusion. On va séparer les cas.
Activité principale
Ton activité principale est celle qui représente le cœur de ton entreprise. En pratique, elle se détermine souvent par le chiffre d’affaires le plus important ou par l’activité réellement dominante.
Exemple : tu réalises 70 000 € de chiffre d’affaires en conseil IT et 5 000 € en templates. Ton activité principale reste le conseil IT.
Ce point compte pour le code APE, la CFE, certaines assurances et parfois les organismes sociaux.
Activité secondaire
L’activité secondaire est une activité ajoutée, exercée dans la même micro-entreprise, sans devenir dominante.
Exemple : tu es rédacteur web, puis tu vends un accompagnement de 2 heures pour aider des freelances à structurer leur newsletter. Si cette activité reste minoritaire, elle devient secondaire.
On ne crée pas une deuxième micro-entreprise. Une personne physique ne peut pas empiler plusieurs micro-entreprises individuelles pour isoler ses revenus. On ajoute l’activité dans la structure existante.
Activité mixte
L’activité mixte apparaît quand tu cumules des activités de nature différente : vente de marchandises, prestations de services BIC, prestations libérales BNC, activité artisanale, activité commerciale.
Pour un freelance, les cas les plus fréquents sont :
- Prestation intellectuelle BNC + vente de produits numériques.
- Conseil + formation.
- Développement sur mesure + vente de templates.
- Coaching + affiliation.
Cette distinction compte parce que les seuils, les abattements fiscaux et les taux de cotisations peuvent changer selon la catégorie.
Établissement secondaire
Un établissement secondaire n’est pas une activité secondaire. C’est un autre lieu d’exploitation.
Si tu travailles depuis chez toi et que tu loues un bureau dans une autre ville pour recevoir des clients, on peut entrer dans une logique d’établissement supplémentaire. Si tu ajoutes une formation en ligne depuis le même bureau, ce n’est pas un établissement secondaire.
Nouvelle entreprise
Créer une nouvelle structure devient utile quand l’activité prend une ampleur propre, avec des risques, des dépenses, des partenaires ou une logique patrimoniale différente.
Par exemple, vendre quelques templates dans ta micro peut rester simple. Développer une plateforme SaaS avec abonnements, sous-traitants et coûts techniques récurrents mérite souvent un cadre séparé.
Le réflexe n’est pas de créer une nouvelle structure. Le réflexe est d’abord de qualifier proprement ce que tu vends.
Étape 3 : comprendre l’impact sur ton code APE
Le code APE, aussi appelé code NAF, identifie l’activité principale exercée par ton entreprise. Il est composé de 4 chiffres et 1 lettre. Il est attribué par l’Insee à partir de l’activité déclarée.
Service-public précise qu’une entreprise qui exerce plusieurs activités n’a qu’un seul code APE. C’est le point qui rassure souvent les freelances : ajouter une activité secondaire ne veut pas dire obtenir un deuxième code APE.
Ton code APE ne change pas automatiquement
Si ton activité principale reste la même, ton code APE reste généralement le même.
Exemple : tu es consultant en systèmes d’information avec un code APE lié au conseil informatique. Tu ajoutes 6 000 € de ventes de templates par an. Ton activité principale reste le conseil. Le code APE n’a pas forcément vocation à bouger.
En revanche, si ton activité secondaire devient dominante, la situation change. Imaginons que tu passes progressivement de 80 % de missions clients à 80 % de formation. Là, ton activité principale réelle n’est plus la même.
Quand demander une modification de code APE
Deux cas existent :
- Ton activité principale a changé. La demande passe alors par le Guichet des formalités des entreprises.
- Le code attribué par l’Insee était incorrect dès le départ. Dans ce cas, tu demandes une correction à l’Insee.
Pour 2026, il faut aussi garder en tête la transition vers la nouvelle nomenclature NAF 2025, qui entre en vigueur au 1er janvier 2027. Service-public indique que toutes les entreprises et établissements verront leur code APE modifié selon cette nouvelle nomenclature. En pratique, ce n’est pas une raison pour retarder une déclaration d’activité secondaire, mais c’est un point à surveiller si tu vérifies ton dossier Sirene.
Pourquoi le code APE compte quand même
Beaucoup de freelances traitent le code APE comme une ligne administrative sans importance. C’est souvent vrai au quotidien. Mais il peut influencer :
- la compréhension de ton activité par une banque ou un assureur ;
- certains rattachements statistiques ;
- la convention collective si tu emploies plus tard ;
- la cohérence de ton dossier en cas de contrôle ;
- l’orientation vers un organisme ou une caisse selon l’activité.
J’ai longtemps vu le code APE comme une étiquette secondaire. Avec le recul, je préfère qu’il raconte correctement l’activité dominante. Quand tu diversifies, le plus important est que ton dossier reste lisible.
Étape 4 : recalculer tes seuils micro, ta TVA et tes cotisations
C’est ici que les erreurs coûtent cher. En 2026, les seuils micro ont évolué. Le site utilise les mêmes repères que les simulateurs internes, issus des sources officielles.
Les seuils micro 2026 à surveiller
Pour les revenus 2026, le régime micro s’apprécie avec ces plafonds de chiffre d’affaires hors taxes :
| Type d’activité | Plafond micro 2026 HT |
|---|---|
| Prestations de services BNC | 83 600 € |
| Prestations de services BIC | 83 600 € |
| Vente de marchandises | 203 100 € |
En activité mixte, tu surveilles deux niveaux :
- le chiffre d’affaires global de l’entreprise ;
- le chiffre d’affaires propre à chaque catégorie.
Exemple simple : tu fais 70 000 € de conseil BNC et 25 000 € de vente de templates, hors taxes si tu factures la TVA. Ton chiffre d’affaires global est de 95 000 €. La partie services reste sous 83 600 €. Le global reste sous 203 100 €. Tu restes dans les seuils micro, à condition de respecter aussi les règles de dépassement sur deux années consécutives.
Autre exemple : tu fais 90 000 € de conseil et 10 000 € de produits numériques. Même si ton chiffre d’affaires global est loin de 203 100 €, la partie services dépasse 83 600 €. Ce dépassement doit être suivi avec attention.
En activité mixte, le plafond haut de la vente ne protège pas ta prestation de services. Chaque catégorie garde son propre seuil.
Les abattements fiscaux ne sont pas les mêmes
En micro, l’administration applique un abattement forfaitaire pour calculer ton revenu imposable. En cas d’activités différentes, chaque catégorie garde son abattement :
| Type d’activité | Abattement fiscal |
|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement classique | 71 % |
| Prestations de services BIC | 50 % |
| Activités libérales BNC | 34 % |
Si tu déclares tout dans la mauvaise case, tu fausses ton revenu imposable. C’est l’une des raisons pour lesquelles la ventilation du chiffre d’affaires est indispensable.
Les cotisations sociales changent selon l’activité
L’Urssaf indique les taux de cotisations micro 2026 suivants :
| Type d’activité | Taux de cotisations sociales 2026 |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises BIC | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales BIC | 21,2 % |
| Autres prestations de services BNC | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées relevant de la Cipav | 23,2 % |
Un consultant qui vend une prestation de coaching BNC ne déclare donc pas la même chose qu’un freelance qui revend des objets physiques. Un développeur qui vend un template numérique doit vérifier la qualification exacte de la vente. Selon le cas, on peut être sur de la prestation, de la vente de biens numériques ou une activité commerciale.
Je te conseille de ne pas deviner seul si le volume devient significatif. Une heure avec un expert-comptable peut éviter plusieurs années de mauvaises déclarations.
La contribution à la formation professionnelle peut aussi varier
On pense souvent aux cotisations principales, mais la contribution à la formation professionnelle suit elle aussi la nature de l’activité. Service-public indique qu’en micro-entreprise, elle représente 0,1 % du chiffre d’affaires pour une activité commerciale, 0,2 % pour une activité libérale et 0,3 % pour une activité artisanale.
Ce n’est pas le poste qui va bouleverser ta rentabilité. Mais si tu ajoutes une activité commerciale à une activité libérale, ton suivi doit rester propre pour éviter de tout ranger dans la mauvaise catégorie.
Quand tu diversifies, le bon réflexe n’est pas seulement de suivre ton chiffre d’affaires total. C’est de suivre chaque famille de revenus.
La TVA a ses propres seuils
La franchise en base de TVA reste inchangée en 2026 selon Service-public. Les repères principaux se lisent aussi en chiffre d’affaires hors taxes :
| Type d’activité | Seuil de base TVA HT | Seuil majoré TVA HT |
|---|---|---|
| Prestations de services et activités libérales | 37 500 € | 41 250 € |
| Vente de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
Si tu dépasses le seuil majoré en cours d’année, tu deviens redevable de la TVA à compter du jour du dépassement. Si tu dépasses seulement le seuil de base sans dépasser le seuil majoré, la sortie de franchise intervient généralement au 1er janvier suivant.
Pour suivre ce point, garde un tableau par catégorie de chiffre d’affaires, pas seulement un total annuel. Notre guide sur la TVA freelance détaille les seuils, les factures et la bascule, et le simulateur de seuil TVA t’aide à anticiper le mois où tu risques de sortir de la franchise.
Comment ventiler ton chiffre d’affaires au quotidien
Après l’ajout d’activité, ton enjeu devient très simple : chaque encaissement doit tomber dans la bonne case. Une mission de conseil, une vente de template, une commission d’affiliation et une formation ne se suivent pas toujours avec le même taux social, le même abattement fiscal ou le même seuil.
Dans ton livre de recettes, ajoute au minimum une colonne “catégorie” : BNC, BIC service, vente, formation, affiliation. Si tu utilises un outil de facturation, crée des familles d’articles ou des tags pour retrouver rapidement les montants par activité.
Exemple :
| Encaissement | Catégorie à suivre | Pourquoi |
|---|---|---|
| Mission de conseil stratégique | Prestation libérale BNC | Taux social et abattement BNC |
| Template Notion vendu en ligne | Vente ou activité commerciale à qualifier | Plafond et taux différents selon la qualification |
| Atelier payant en entreprise | Formation ou prestation de service | Vérifier aussi les obligations de formateur |
| Commission d’affiliation | Prestation de service commerciale ou BNC selon le cas | À déclarer comme chiffre d’affaires professionnel |
Si tu deviens redevable de la TVA, l’Urssaf rappelle que le chiffre d’affaires à déclarer reste le montant hors TVA. La TVA collectée n’est pas du revenu, même si elle passe sur ton compte bancaire.
L’ACRE ne redémarre pas parce que tu ajoutes une activité
L’ACRE est liée à la création ou reprise d’entreprise et à des conditions précises. Ajouter une activité secondaire dans une micro existante ne crée généralement pas une nouvelle période d’exonération.
Si tu bénéficies déjà de l’ACRE, vérifie comment l’ajout d’activité se reflète dans tes déclarations. Si tu n’en bénéficies plus, ne pars pas du principe qu’une adjonction d’activité la réactive.
La CFE et les assurances doivent être relues
La CFE dépend notamment de la commune, du chiffre d’affaires et de la base minimum applicable. Ajouter une activité secondaire peut ne rien changer immédiatement, mais ton activité déclarée et ton chiffre d’affaires peuvent influencer ton dossier.
L’assurance est plus sensible. Une RC Pro qui couvre du conseil informatique ne couvre pas forcément :
- une activité de formation ;
- des ateliers en présentiel ;
- la vente de contenus numériques ;
- du coaching individuel ;
- une activité manipulant des données sensibles ou de la santé.
L’administration veut une activité déclarée. Ton assureur veut un risque déclaré. Ce sont deux vérifications différentes.
Étape 5 : déclarer l’activité sur le Guichet des formalités
Depuis le 1er janvier 2023, les modifications d’entreprise individuelle doivent passer par le Guichet des formalités des entreprises. Service-public précise que les démarches ne se font plus auprès des anciens centres de formalités des entreprises.
Pour une micro-entreprise, l’ajout d’activité se traite comme une modification de l’entreprise individuelle.
Quand déclarer
Déclare l’activité quand elle devient réelle et répétée.
Tu n’as pas besoin de modifier ton dossier parce que tu réfléchis à une formation ou parce que tu as écrit la première page d’un ebook. En revanche, si tu commences à vendre, à facturer ou à communiquer officiellement sur une nouvelle activité, il faut mettre ton dossier à jour.
Cas typiques :
- Tu lances une formation payante.
- Tu ouvres une boutique de templates.
- Tu proposes du coaching en plus de ta production habituelle.
- Tu ajoutes une activité d’apport d’affaires ou d’affiliation régulière.
- Tu organises des ateliers payants.
Attention si tu ajoutes une activité de formation
La formation mérite une vérification à part. Si tu vends une action de formation professionnelle, même de façon accessoire, Service-public indique que tu dois déposer une déclaration d’activité de formateur ou d’organisme de formation dans les 3 mois qui suivent la signature d’une première convention ou d’un premier contrat de formation. Le guide pour créer et vendre une formation en ligne détaille aussi les questions de prix, de plateforme et de financement.
Cette démarche ne remplace pas l’ajout d’activité sur ta micro-entreprise. Elle s’ajoute au cadre administratif de la formation. Tu dois aussi transmettre chaque année un bilan pédagogique et financier pour conserver ta déclaration active.
Le point à retenir : une formation vendue à des particuliers pour leurs loisirs ne suit pas forcément la même logique qu’une formation professionnelle vendue à une entreprise, un indépendant ou un organisme financeur. Si tu veux rendre tes formations finançables ou travailler avec des clients B2B, ne traite pas ça comme un simple produit numérique.
Formation en ligne ne veut pas dire absence d’obligations. Le format est digital, mais le cadre peut rester celui de la formation professionnelle.
Les informations à préparer
Avant d’ouvrir la démarche, prépare :
- ton numéro SIREN ;
- la date de début de la nouvelle activité ;
- la description précise de l’activité ajoutée ;
- la nature de l’activité : commerciale, artisanale, libérale ;
- le lieu d’exercice ;
- une estimation réaliste de l’activité principale si ton équilibre change ;
- les éventuelles pièces demandées si l’activité est réglementée.
Le point le plus important est la description. Évite les formulations vagues. “Vente de produits digitaux” dit moins qu’une phrase comme : “vente en ligne de modèles de documents numériques pour freelances”. Plus c’est clair, plus l’administration comprend ton activité.
Combien de temps prévoir
La saisie peut être rapide si tu sais quoi déclarer. Prévois plutôt 30 à 60 minutes la première fois, parce que les intitulés administratifs ne reprennent pas toujours les mots du marketing freelance.
Ensuite, il faut attendre le traitement du dossier. Les délais varient selon les périodes et les demandes complémentaires. Garde une copie de ton dépôt et surveille les messages du Guichet.
Combien ça coûte
Les formalités de création d’une micro-entreprise commerciale, artisanale ou libérale sont indiquées comme gratuites par Service-public en 2026. Pour une modification d’activité, le coût dépend du cas précis et des registres concernés, mais une micro-entreprise libérale classique n’a généralement pas de publication d’annonce légale à prévoir. Service-public précise d’ailleurs que la publication dans un support d’annonces légales n’est pas nécessaire pour la modification d’une entreprise individuelle.
Si ton activité est réglementée ou si elle nécessite une inscription spécifique, vérifie le coût avant de valider.
Étape 6 : décider si tu gardes tout dans la même micro
Ajouter une activité secondaire dans la même micro est souvent la bonne décision au début. C’est simple, lisible et proportionné.
Mais ce n’est pas toujours le meilleur choix à moyen terme.
Garde la même micro si l’activité reste légère
La même micro suffit souvent si :
- l’activité secondaire représente moins de 20 à 30 % de ton chiffre d’affaires ;
- les risques juridiques restent proches de ton activité principale ;
- tes charges restent faibles ;
- tu n’as pas besoin d’associé ;
- tu n’as pas de gros investissement ;
- tu peux suivre le chiffre d’affaires par catégorie sans difficulté.
Exemple : un consultant facture 65 000 € de missions et 8 000 € de formations. Il peut probablement garder une organisation simple, en séparant bien les lignes de chiffre d’affaires.
Passe au réel si les charges deviennent importantes
La micro devient moins intéressante si l’activité secondaire génère beaucoup de frais : publicité, outils, sous-traitance, plateformes, matériel, déplacements, commissions, hébergement logiciel.
En micro, tu ne déduis pas tes charges réelles. Tu bénéficies seulement d’un abattement forfaitaire. Si tes frais dépassent cet abattement, le régime réel peut devenir plus cohérent.
On a détaillé ce basculement dans le guide passer du micro au réel.
Crée une SASU ou une EURL si l’activité change d’échelle
Une société devient pertinente si :
- tu veux t’associer ;
- tu veux réinvestir les bénéfices ;
- tu développes une marque ou un produit autonome ;
- tu prends des risques contractuels plus élevés ;
- tu veux mieux séparer patrimoine, activité de conseil et activité produit ;
- tu dépasses durablement les plafonds micro.
Pour un freelance solo, la SASU est souvent choisie pour structurer une activité scalable. L’EURL peut aussi être pertinente si tu veux rester sur un régime de travailleur non salarié. Le choix dépend de ta rémunération, de tes charges et de ton horizon.
Tu peux aussi comparer avec notre article sur le cumul SASU et micro-entreprise si tu veux garder une micro pour une activité distincte.
Sépare les activités si le risque est différent
La séparation n’est pas seulement fiscale. Elle peut être juridique et commerciale.
Exemple : vendre une formation à 49 € et gérer des missions IT à 800 €/jour n’a pas le même risque. Mais cela reste probablement gérable dans la même micro au début.
Autre exemple : créer un logiciel avec abonnements, données clients, CGV spécifiques et support continu. Là, la séparation devient plus sérieuse.
J’ai vu beaucoup de freelances vouloir séparer trop tôt par peur de mal faire. J’ai aussi vu l’inverse : garder trop longtemps dans la micro une activité qui avait déjà son propre modèle économique. Le bon repère, c’est la lisibilité. Si tu n’arrives plus à expliquer ton activité en deux phrases, ton cadre est peut-être devenu trop étroit.
Checklist avant d’ajouter ton activité secondaire
Avant de déposer la formalité, prends 30 minutes pour passer cette checklist.
- Décris précisément ce que tu vends.
- Classe l’activité : BNC, BIC service, vente, artisanat, activité réglementée.
- Vérifie si l’activité est compatible avec la micro-entreprise.
- Estime le chiffre d’affaires attendu sur 12 mois.
- Sépare ton suivi par catégorie de revenus.
- Vérifie les plafonds micro 2026 hors taxes : 83 600 € pour les services, 203 100 € pour la vente.
- Vérifie les seuils TVA hors taxes : 37 500 €/41 250 € pour les services, 85 000 €/93 500 € pour la vente.
- Relis ton assurance RC Pro freelance.
- Vérifie si tes CGV et factures couvrent cette nouvelle activité.
- Prépare la modification sur le Guichet des formalités.
- Note la date de début d’activité.
- Demande conseil si l’activité devient significative ou réglementée.
Une activité secondaire bien déclarée ne te ralentit pas. Elle t’évite de construire ta diversification sur une base floue.
Ce que je ferais à ta place
Si tu testes une petite activité complémentaire, je garderais la micro-entreprise et je mettrais trois choses en place dès le départ : une déclaration propre, un suivi séparé du chiffre d’affaires et une vérification d’assurance.
Si l’activité dépasse 15 000 à 20 000 € par an, je referais le point. Pas forcément pour créer une société tout de suite, mais pour vérifier les seuils, les charges, la TVA et le risque contractuel.
Si l’activité devient ton axe principal, je ne me contenterais pas d’un code APE approximatif et d’une vieille description d’activité. Je mettrais le dossier à jour, puis je comparerais micro, réel, EURL et SASU.
Ajouter une activité secondaire en micro-entreprise peut être une excellente étape pour diversifier tes revenus en freelance ou tester des revenus passifs. Fais-le simplement, mais fais-le proprement.
Sources officielles utilisées
- Service-public : cumul de plusieurs activités en micro-entreprise, fiche vérifiée le 21 février 2026.
- Service-public : seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise, fiche vérifiée le 13 mars 2026.
- Service-public : code APE ou code NAF, fiche vérifiée le 21 janvier 2026.
- Service-public : modification d’une entreprise individuelle, fiche vérifiée le 1er janvier 2024.
- Service-public : déclaration d’activité des formateurs et organismes de formation, fiche vérifiée le 27 novembre 2025.
- Service-public : contribution à la formation professionnelle des entrepreneurs individuels, consulté pour les taux de CFP.
- Urssaf : l’essentiel du statut auto-entrepreneur, consulté pour les taux de cotisations 2026.
- Urssaf : comprendre la TVA et la franchise de TVA pour les auto-entrepreneurs, consulté pour la déclaration du chiffre d’affaires hors TVA.
Questions fréquentes
Peut-on avoir deux activités dans une seule micro-entreprise ? +
Oui. Une micro-entreprise peut exercer une activité principale et une ou plusieurs activités secondaires, à condition que les activités soient compatibles avec le régime micro et que les seuils soient respectés.
Est-ce que mon code APE change si j'ajoute une activité secondaire ? +
Pas forcément. Une entreprise n'a qu'un seul code APE, celui de son activité principale. Il change surtout si ton activité principale réelle change ou si le code attribué par l'Insee était incorrect.
Dois-je créer une deuxième micro-entreprise pour vendre des templates ? +
Non. Une même personne ne crée pas deux micro-entreprises individuelles pour séparer deux activités. Tu ajoutes l'activité dans ta micro existante, puis tu suis le chiffre d'affaires par catégorie.
Quels seuils surveiller en activité mixte en 2026 ? +
Surveille le chiffre d'affaires global hors taxes et le chiffre d'affaires par catégorie. En 2026, les prestations de services BNC ou BIC sont plafonnées à 83 600 €, tandis que la vente de marchandises relève du plafond de 203 100 €.
L'ajout d'une activité secondaire relance-t-il l'ACRE ? +
En général, non. L'ACRE est liée à la création ou reprise d'entreprise. Ajouter une activité dans une micro déjà existante ne crée pas automatiquement une nouvelle période d'exonération.
Dois-je déclarer quelque chose en plus si je vends une formation ? +
Oui, si tu vends une action de formation professionnelle. En plus de l'ajout d'activité dans ta micro-entreprise, tu dois déposer une déclaration d'activité de formateur dans les 3 mois suivant la première convention ou le premier contrat de formation, puis transmettre un bilan pédagogique et financier chaque année.
Les seuils micro sont-ils proratisés si je démarre en cours d'année ? +
Oui, pour une création en cours d'année, les seuils micro sont ajustés au prorata du temps d'activité. Si ta micro existe déjà et que tu ajoutes seulement une activité secondaire, on surveille les seuils annuels de l'entreprise existante.
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